Les Arabes, leur destin et le nôtre

Les Arabes, leur destin et le nôtre. Histoire d’une libération

Par Jean-Pierre Filiu

Paris : Editions La Découverte, 2015

Jean-Pierre Filiu est professeur d’histoire du Moyen-Orient contemporain à Sciences Po (Paris).

Comme toutes les crises dans la région, la guerre civile syrienne renvoie à l’histoire coloniale. J.-P. Filiu fait ici le récit de 200 ans de relations entre les puissances occidentales et les pays arabes. En premier, figure la trahison commise par les puissances mandataires au lendemain de la 1ère Guerre mondiale, lorsque Britanniques et Français se sont partagé le Moyen-Orient (cf. les accords Sykes-Picot 1916) au lieu de donner l’indépendance promise.  Cette « guerre pour les autres », conclue par une « paix sans les Arabes » en 1920, reste la grande blessure mémorielle qui nourrit aujourd’hui la haine de l’Occident de Daech. L’autre grande infamie, c’est la Déclaration Balfour de novembre 1917, qui promet au mouvement sioniste l’installation d’un foyer national juif en Palestine. Et puis, il y a la violence : Filiu rappelle comment ont été réprimés les soulèvements arabes de 1920 en Irak et de 1936 en Palestine.

Dans un dernier chapitre, Filiu analyse les révolutions et les contre-révolutions arabes de ces dernières années dans lesquelles dictateurs et djihadistes sont indissociables. L’historien fait le pari que les dictatures comme le totalitarisme de Daech finiront par tomber, si les populations qui les combattent sont aidées. C’est aussi notre combat