Les anciens colons de Gaza fondent une nouvelle ville dans le désert

L’armée israélienne avait évacué 21 colonies dans le cadre de son retrait unilatéral. La plupart des 8.500 colons de Gaza avait refusé de coopérer avec les plans de réinstallation du gouvernement et beaucoup d’entre eux vivent encore dans des logements temporaires comme la plupart des familles qui occupaient la colonie de Netzarim et qui vivent dans les caravanes dans la colonie d’Ariel, en Cisjordanie.

La ville de Halutza dans le Negev israélien une communauté indépendante construite pour les anciens colons de Gaza. Dans les premières étapes, 200 familles vont s’y installer, mais la ville est conçue pour abriter environ 1.800 familles.

Rabbi Eli Adler, un professeur père de huit enfants, a planté des arbres dans des barils à l’extérieur de son domicile temporaire avant de s’installer dans sa nouvelle maison. La construction a pris quatre ans de plus que prévu, dit-il, parce que les constructeurs ont dû défricher le terrain et installer les infrastructures de base telles que les canalisations d’égouts et d’électricité.

Bien entendu, les anciens colons mettent en avant plusieurs mesures écologiques, comme l’utilisation d’eau recyclée pour la culture biologique et la construction de deux centrales solaires. Les planificateurs ont aussi l’intention de construire une zone industrielle pour attirer les entreprises high-tech à offrir des emplois pour la population projetée de la ville de 150.000.

Une mère et ses enfants posent le ciment de fondation d'une école à Naveh, une autre communauté où se retrouvent d'anciens colons de Gaza
Une mère et ses enfants posent le ciment de fondation d'une école à Naveh, une autre communauté où se retrouvent d'anciens colons de Gaza

Mais ce qui demeure le plus intéressant, c’est sa situation géographique. La ville a vu le jour dans une zone désertique en grande partie stérile, à côté de la frontière égyptienne. « L’importance pour les Juifs de s’installer ici ne peut pas sous-estimé », a déclaré Isaac Blachor, du Fond national juif, espérant que la présence de la communauté permettra de réduire la contrebande et l’entrée de personnes en Israël à travers une frontière non-protégée. C’est donc l’intérêt stratégique qui prime, Israël n’hésitant pas à placer des communautés de civils en première ligne et à s’en servir comme garde-frontières.

Depuis le retrait israélien, les militants de Gaza ont bombardé certaines villes israéliennes, principalement Sderot, avec des roquettes et des obus de mortier. Pourtant, la ville nouvelle est construite à seulement 7 km de la frontière de Gaza, c’est-à-dire à portée de tir des mouvements armés de la bande de Gaza. Évidemment, selon les plans, toutes les maisons dans Halutza seront équipées d’abris contre les bombes et les toits seront renforcés pour protéger contre les attaques à la roquette.

Là encore, Israël place sciemment ses propres civils en première ligne, une stratégie qui remonte aux premières heures de la colonisation sioniste en Palestine et qui a été largement appliquée dans les schémas de colonisation de la Cisjordanie. On peut aussi s’interroger sur la responsabilité de ces parents qui, pour des raisons purement idéologiques, vont offrir à leurs enfants un cadre de vie aussi particulier.

Julien Masri

d’après une dépêche d’Associated Press

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