Le raz-le-bol de la jeunesse de Gaza

gybo« Merde au Hamas. Merde à Israël. Merde au Fatah. Merde à l’ONU et à l’Unrwa. Merde à l’Amérique ! Nous, les jeunes de Gaza, on en a marre d’Israël, du Hamas, de l’occupation, des violations permanentes des droits de l’homme et de l’indifférence de la communauté internationale.» Tel est l’accroche du manifeste écrit par des jeunes de Gaza le mois dernier.

Quelques jeunes de Gaza, pour la plupart cyber-activistes, crient leur raz-le-bol de tous ce qui les empêche de vivre une jeunesse normale. « Nous voulons être libres, nous voulons vivre, nous voulons la paix. », trois choses simples, auxquelles tous les jeunes du monde peuvent prétendre, mais qui semblent bien éloignées du quotidien des jeunes Gazaouis. Sous les jougs cumulés de l’occupation israélienne et des interdits imposés par le Hamas, ces derniers n’ont plus beaucoup d’espace pour vivre, créer, espérer…

L’étincelle qui a poussé les jeunes du GYBO (Gaza Youth Breaks Out) à agir est la fermeture de Sharek Youth Forum, une association de jeunesse active à Gaza. Le 30 novembre dernier, les autorités du Hamas ont arbitrairement décidé de fermer l’association. Bien qu’aucune raison précise n’ait été invoquée, certains membres du conseil d’administration et du staff avaient déjà reçu des remarques sur le fait que Sharek autorisait des garçons et des filles à jouer ensemble ou encore que certaines étudiantes n’y portaient pas le hijab.

Mais si ni Israël, ni le Hamas ne sont épargnés, la responsabilité internationale est elle aussi montrée du doigt par le manifeste. Que ce soit l’ONU et son agence spéciale pour les réfugiés palestiniens, l’UNRWA, l’Amérique ou encore la communauté internationale, personne n’y échappe. « On en marre d’être présentés comme des terroristes en puissance, des fanatiques aux poches bourrées d’explosifs et aux yeux chargés de haine ; marre de l’indifférence du reste du monde, des soi-disant experts qui sont toujours là pour faire des déclarations et pondre des projets de résolution mais se débinent dès qu’il s’agit d’appliquer ce qu’ils ont décidé ; marre de cette vie de merde où nous sommes emprisonnés par Israël, brutalisés par le Hamas et complètement ignorés par la communauté internationale». De cette phrase ressort la frustration d’une jeunesse qui ne trouve personne de son côté, et l’indifférence partout.

« Nous avons trois exigences : nous voulons être libres, nous voulons être en mesure de vivre normalement et nous voulons la paix. Est-ce que c’est trop demander ? »

Les jeunes de GYBO en appellent au soutien, de l’intérieur, mais aussi de l’extérieur. Pour plus de détails, ils sont joignables par email (freegazayouth@hotmail.com) ou via leur page Facebook (Gaza Youth Breaks Out (GYBO).

Sources :

–    Le manifeste de la jeunesse de Gaza, Libération, 28 décembre 2010 (traduction française du manifeste)
–    La jeunesse de Gaza leur dit « merde », Guerre ou paix (blog du Monde), 28 décembre 2010
–    Gazan youth issue manifesto to vent their anger with all sides in the conflict, The Guardian, 2 January 2011
–    Gaza: Let Charity That Aids Children Reopen Its Doors, Human Rights Watch, 13 décembre 2010

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