Le nouveau rapport du FMI sur l’économie palestinienne

Le Fonds monétaire international s’attend à ce que l’économie palestinienne progresse de 8% au total cette année, après une croissance de l’économie de Cisjordanie de 9% au premier semestre et dans la bande de Gaza un bond de 16%. Cela se compare à une croissance de seulement 1% à Gaza pour l’ensemble de 2009 et de 8,5% en Cisjordanie pour l’ensemble de l’année dernière, selon un rapport de la Banque mondiale publié en avril.

Le rapport du FMI a attribué la croissance impressionnante de Gaza dans la première moitié de cette année à la fois à l’assouplissement du blocus d’Israël – bien que cela ne ce soit produit que pendant le dernier mois du semestre – et par le fait que la période comparée en 2009 était extrêmement pauvre, en partie à cause de la guerre entre Israël et le Hamas qui a pris fin en janvier 2009. «C’est à partir d’une base très faible, après un blocus très serré », a déclaré Oussama Kanaan, le représentant du FMI en Cisjordanie et à Gaza.

L’aide des organisations internationales, qui ont lancé divers projets dans la bande de Gaza durant la première moitié de 2010, a également contribué à la croissance économique de la bande, selon le rapport. En Cisjordanie, les principaux moteurs de croissance ont été les réformes financières mises en place par l’Autorité palestinienne et la détente significative par Israël des restrictions à la liberté de mouvement.

Néanmoins, selon le rapport, le taux de chômage reste à Gaza au-dessus de 35% et le revenu par habitant n’y est encore que de 60% de ce qu’il était en 1994, immédiatement après la signature des Accords d’Oslo. En outre, met en garde le rapport, le taux de croissance actuel ne sera durable que si Israël lève ses restrictions sur les exportations de la bande et sur les importations par le secteur privé de Gaza.

En Cisjordanie, a-t-il ajouté, la croissance devrait ralentir à moins qu’Israël ne lève les restrictions sur les exportations de Cisjordanie vers Israël et vers Jérusalem-Est et n’allège les restrictions de mouvement sur la circulation des Palestiniens dans la zone C, environ 60% de la de la Cisjordanie, qui est sous contrôle israélien total.

Le FMI fait l’éloge de l’Autorité palestinienne pour l’amélioration de la perception de l’impôt en Cisjordanie, ce qui augmente ses fonds propres, de même que pour la réduction sensible et la hiérarchisation des dépenses. Ces facteurs, se conjuguent avec la réduction du déficit de l’Autorité palestinienne, couvert par des dons étrangers, qui passe de 1,8 milliards de dollars en 2008 à 1,2 milliard de dollars cette année.

Toutefois, le fait que plusieurs pays donateurs ont jusqu’à présent échoué à transférer leurs promesses de dons a forcé l’Autorité palestinienne à emprunter auprès des banques locales pour couvrir les 300 millions de dollars résultants en déficit de financement.

Le rapport, qui sera présenté à une réunion des pays donateurs à New York le 21 septembre, demande instamment à l’Autorité palestinienne de mettre en œuvre une longue liste de réformes supplémentaires afin de continuer à améliorer son économie, comme la rationalisation du processus d’ouverture d’une entreprise et la réforme de son système de retraite du secteur public.

Avi Issacharoff

Ha’aretz

traduction : Julien Masri

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