Language of war, Language of peace

Language of war, Language of peace. Raja Shehadeh, Profile Books, London 2015.

 Raja Shehadeh est un écrivain de renom, avocat, fondateur en 1979 de Al-Haq, l’un des premiers groupes de pression en faveur des droits humains du monde arabe.

Ce petit ouvrage est basé sur 2 conférences que l’auteur a données, l’une à New York en 2013, la seconde à Londres le 28 mars 2014, pour le 10e anniversaire de la mort d’Edward Said. Les sujets abordés sont les thèmes de prédilection d’Edward Said, à savoir la culture, le langage et la politique, mais aussi le droit, par goût personnel de l’auteur.

Secoué par une pièce de théâtre vue à Ramallah, celui-ci réalise à quel point le langage utilisé pour nommer les Palestiniens a évolué au cours du temps: de « citoyens » dans la Palestine mandataire, ils sont devenus « infiltrés » et « absents » dans la loi israélienne, puis « terroristes ». C’est en allant en auto, de Jérusalem à Jéricho, qu’il prend pleinement conscience de l’absurdité des routes séparées pour Palestiniens et Israéliens et des règles différentes en vigueur sur des terres voisines. Il le savait intimement, mais il n’avait jusque-là pas admis qu’à son corps défendant, il avait adopté le langage de l’occupant et abandonné le sien.

Dans ce livre, il explicite comment les mots de l’occupant ont progressivement intégré les esprits pour s’imposer dans la vie courante comme dans les récits historiques et la couverture de l’actualité.

C.S.

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