Lacoste censure une artiste palestinienne

Le prestigieux Prix Lacoste Elysée, remis par le Musée de l’Elysée, en Suisse, et parrainé par la marque de prêt-à-porter Lacoste, est doté d’une récompense de 25 000 euros.

Larissa Sansour figurait parmi les huit finalistes. Pourtant, au cours du mois de décembre, la société Lacoste a fait part de son refus de soutenir le travail de Larissa Sansour, le qualifiant de trop « pro-palestinien ».

Une photo du projet « nation estate »
Une photo du projet « nation estate »

Larissa Sansour, qui a bénéficié d’une bourse de 4 000 euros, avait reçu carte blanche avec pour seule contrainte, celle de présenter un portfolio. En novembre, trois des ses photos, faisant partie du projet intitulé Nation Estate, avaient été sélectionnées et elle avait reçu les félicitations des organisateurs pour son travail et son professionnalisme. Son nom figurait alors officiellement dans les plaquettes et sur le site Internet en tant que candidate à la remise du Prix.

Depuis, son nom a été retiré et son projet n’apparaît plus dans l’édition du magazine d’art Art Review qui avait réalisé une présentation des différents artistes concourant à la remise du Prix. Pourtant, ce magazine londonien affichait en octobre 2011 Ai Wei Wei, un activiste Chinois comme étant le plus puissant artiste de l’année 2011 (Power 100). Liu Weimin, le porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères avait riposté : « La Chine a de nombreux artistes qui ont une capacité suffisante. Nous pensons que cette sélection est basée purement sur un parti pris politique et a violé les objectifs de la revue ».

Pour occulter les motifs de son éviction, il lui a été demandé d’approuver une déclaration évoquant son désir de ne plus participer à la compétition « afin de se consacrer à d’autres opportunités ». Larissa Sansour a refusé.

Elle se dit « très triste et choquée par cette attitude. Cette année, la Palestine a été admise officiellement à l’UNESCO et pourtant on continue à essayer de nous faire taire. En tant qu’artiste investie politiquement, j’ai l’habitude d’être confrontée à des oppositions, mais je n’avais jamais censurée par les mêmes personnes qui, en premier lieu, avaient sélectionné mon travail. Le préjudice et la censure de Lacoste posent la question de l’implication de sociétés privées dans l’art. C’est très préoccupant. »

Source : Palestine-18, l’encrenoir

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