La police militaire enquête sur le meurtre de Bassem Abou Rahmeh, de Bil’in.

Le juge-avocat général (JAG), le major-général Avichai Mandelblit, a ordonné à une unité d’enquête de la police militaire d’enquêter sur les circonstances de la mort de Bassem Abu Rahmeh, du village de Bil’in, tué quand une cartouche de gaz lacrymogène grande vitesse l’a frappé lors d’une manifestation anti-barrière dans le village, le 17 avril 2009. Jusqu’à aujourd’hui, le bureau du JAG a refusé d’ordonner une enquête criminelle sur l’incident. Le JAG a annoncé son changement de position dans une lettre au procureur de la famille Abu-Rahmeh, Michael Sfard, qui avait menacé de saisir la Haute Cour de Justice et après avoir reçu les conclusions de médecins légistes spécialistes en imagerie (en anglais), prouvant que les cartouches ont été tirées directement sur le manifestant en violation de la réglementation sur l’engagement.

le mur à Bil'in, mission d'observation ABP 2008 @JM
le mur à Bil'in, mission d'observation ABP 2008 @JM

Abu Rahmeh, 30 ans, a été tué par une cartouche de gaz lacrymogène à longue portée qui l’a frappé dans la poitrine. C’est le même genre de cartouche qui a grièvement blessé Tristan Anderson, américain manifestant un mois plus tôt dans le village de Ni’lin. Immédiatement après l’incident, B’Tselem a mené une enquête approfondie, a recueilli et analysé des séquences vidéo et des photos de l’incident et a exigé une enquête criminelle. Trois caméras vidéo qui ont filmé la manifestation ont prouvé que Abu Rahmeh était sur le côté Est de la barrière, n’avait pas agi de manière violente et ne mettait en danger les soldats d’aucune façon. L’enregistrement montrait également que pendant la manifestation, les soldats ont tiré des cartouches supplémentaires de gaz lacrymogènes directement sur les manifestants, en violation flagrante des règles d’engagement, en présence d’officiers de haut rang.

La décision initiale de ne pas enquêter sur l’incident ignorait les séquences vidéo et s’appuyait sur des déclarations de soldats figurant dans le débriefing opérationnel, qui ont soutenu que la cartouche qui a frappé Abu Rahmeh avait heurté un câble sur la barrière de séparation et a changé de direction. L’avis des experts, qui se fonde sur une analyse spatiale de tous les enregistrements vidéo et sur d’autres éléments, a réfuté cette allégation. Il a déterminé que tous les scénarios que l’armée a soulevés indiquent que le réservoir avait été tiré en visant directement la personne. En outre, les experts ont également analysé les caractéristiques spécifiques de la cartouche et ont conclu que, si le soldat qui a tiré avait agi conformément à la réglementation contraignante, la cartouche aurait atterri des centaines de mètres derrière Abu Rahmeh.

Ahmad Abu-Rahmeh, le frère de Bassem, s’exprimant au nom de la famille, a déclaré que, « nous sommes très heureux qu’une enquête soit finalement ouvert. Cela aurait dû être fait le jour même et il est clair que l’armée a ouvert une enquête seulement parce qu’elle a été forcée de le faire. Depuis un an et quart l’armée a tenté de dissimuler le tir contre un manifestant non violent, abattu sans raison aucune et certainement il n’y avait aucune raison de le tuer. »

B’Tselem et Yesh Din ont exprimé leur satisfaction après la décision d’aujourd’hui, mais ont noté que le retard était inexcusable, en disant, « nous espérons que la longue période écoulée depuis l’incident n’affectera pas négativement l’enquête, et que la décision du juge-avocat général d’aujourd’hui peut rendre justice à la famille Abu Rahmeh et au village de Bil’in.

12 juillet 2010

source : B’Tselem

traduction : Julien Masri

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