La lutte contre l’antisémitisme ne peut servir à criminaliser la solidarité

Communiqué de presse de l’association belgo-palestinienne (ABP) et de la Coordination européenne des comités et associations pour la Palestine (ECCP)


Les 6 et 7 novembre 2018 se tient la conférence annuelle de l’European Jewish Association (EJA), un réseau qui, derrière la défense légitime des intérêts des Juifs d’Europe, cache mal sa proximité avec le pouvoir israélien. L’événement, auquel participent le Ministre israélien de Jérusalem Ze’ev Elkin et des représentants des institutions européennes et des États membres, représentera une occasion de plus de salir le mouvement de solidarité avec les Palestiniens. En ligne de mire : la campagne Boycott, désinvestissement, sanction (BDS), dont le succès représente une menace croissante pour les inconditionnels d’Israël. Fidèles à leurs méthodes, ceux-ci cherchent à nouveau à établir un lien entre la critique d’Israël et la haine contre les juifs.

Contre l’antisémitisme et l’oppression des Palestiniens

Refusant cet amalgame, des députés européens ont joint leurs voix à celles d’associations juives pour la paix au cours d’une conférence de presse commune organisée mardi 6 novembre au Parlement européen. Initiateur de l’événement, l’espagnol Miguel Urban, membre de la GUE/NGL, s’insurge contre la malhonnêteté du procédé visant à calomnier un mouvement fondamentalement étranger à tout discours de haine. « Le BDS est un mouvement pacifique et citoyen qui vise à s’opposer au crime d’apartheid et à appliquer le droit international. Nous nous déclarons contre tout antisémitisme avec la même force que nous réclamons la fin de l’oppression des Palestiniens »

« La criminalisation de la solidarité s’est accentuée ces dernières années, comme lorsque des parlementaires européens ont été kidnappés lors de l’abordage de la flottille de Gaza en 2011 »ajoute Ana Miranda, membre des Verts/ALE. Réitérant son soutien à la campagne BDS, la députée européenne rappelle que 63 membres du Parlement ont récemment appelé à la fin de l’accord d’association entre l’Union européenne et Israël. « A chaque fois que je reviens de Palestine, je dois constater que ça devient de plus en plus difficile sur place », ajoute son collègue belge Bart Staes. « C’est pourquoi le recours au boycott s’impose de manière croissante»

« pas en notre nom »

« Le fait de considérer que la focalisation spécifique sur Israël plutôt que sur un autre État puisse relever de l’antisémitisme est très étrange : quel autre pays conduit-il pareille politique de colonisation et d’oppression ? » interroge Arthur Goodman de l’association britannique European Jews for Justice for Palestinians (EJJP). Pour lui, toutes ces manœuvres s’inscrivent dans une stratégie de longue haleine de la part des pro-israéliens pour luter contre l’indignation internationale légitime suscitée par les pratiques de Tel-Aviv. « Ils n’ont pas la force légale ni la légitimité : ils tentent donc l’arme psychologique, en cherchant, par leur chantage, à faire plier les institutions européennes ».

Administrateur de l’Union des progressistes juifs de Belgique (UPJB), Henri Goldman, pointe, quant à lui, la prétention des officines pro-israélienne à parler au nom de tous les juifs. « Nous nous élevons contre toutes les formes d’oppressions, mais le fait que celle des Palestiniens soit exercée en notre nom est particulièrement intolérable pour nous, qui nous revendiquons d’un judaïsme cosmopolite, internationaliste et en soutien des autres minorités ». Soulignant la diversité d’opinion au sein de la minorité juive en Europe, M. Goldman insiste sur l’importance de l’engagement de certains d’entre eux pour une paix juste au Proche-Orient. « Il est fondamental si l’on veut cesser d’aborder ce conflit en terme religieux et qu’on veut commencer à le regarder en terme de justice . Cette implication est porteuse d’un avenir commun qui permettra, je l’espère, de sortir un jour de la logique de guerre ».

 

 

 

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