ISRAËL OCCUPE LA PALESTINE, JE BOYCOTTE

“Stop aux fruits de l’occupation”

Pourquoi le boycott ?

Israël occupe la Cisjordanie (y compris Jérusalem-Est) et la bande de Gaza. Il n’y a pas d’occupation sans violence : colonisation, vol de la terre, vol des ressources, agression économique et culturelle, destructions, violation des droits de l’Homme et répression brutale de la résistance non violente. Acheter un produit israélien, c’est donc acheter un produit d’un Etat qui occupe illégalement le territoire palestinien. Les colonies installées en Cisjordanie sont le fer de lance de cette occupation. Acheter un produit provenant d’Israël ou des colonies illégales, c’est donc se rendre complice de l’occupation.

La colonisation, pierre angulaire de l’occupation

  • 219 colonies et avant-postes de colonies, tous illégaux, selon le droit international sont implantés en Cisjordanie (y compris à Jérusalem-Est) ;
  • 526 km2 de territoire palestinien soit 9,3% de la Cisjordanie sont accaparés par les colonies ;
  • 479.600 colons israéliens vivent dans ces colonies.

Restriction de la liberté de mouvement des biens et des personnes

Israël a entrepris voici 8 ans la construction d’un Mur de 723 kilomètres dans et autour de la Cisjordanie. Construit en majeure partie sur des terres palestiniennes, en violation du droit international, ce Mur annexe de facto 10,1 % de la Cisjordanie à Israël.

A l’intérieur de la Cisjordanie, à cause des colonies, 69 barrages permanents et 21 non permanents et 500 autres obstacles de toutes natures entravent ou empêchent la libre circulation des biens et des personnes. La vallée du Jourdain, quant à elle, est déjà inaccessible aux Palestiniens non résidents.

La colonisation, le Mur et les barrages ont transformé la Cisjordanie en une constellation de bantoustans dont les activités économiques et agricoles sont asphyxiées. De nombreux paysans ne peuvent plus rejoindre leurs champs et les entreprises ont d’énormes difficultés à commercialiser leurs marchandises en Palestine ou à les exporter vers l’étranger.

Que dire alors de la bande de Gaza et de ses 1.500.000 habitants ? Encerclée, attaquée, détruite et soumise à un blocus, véritable punition collective, Gaza est privée de tout débouché pour ses produits agricoles et s’enfonce dans une crise économique et humanitaire profonde.

Vol des ressources

L’eau

Avec le détournement de 85 % des captages d’eau en Cisjordanie, Israël a véritablement institutionnalisé le vol de l’eau. Ainsi, la consommation journalière en eau des Palestiniens ne dépasse pas les 70 litres en Cisjordanie, alors que le minimum requis par jour et par personne, selon l’Organisation mondiale de la Santé, est de 100 litres. En Israël, la consommation atteint 330 litres par personne par jour et dans les colonies, elle grimpe à 369 litres. Par ailleurs, pour leurs besoins quotidiens, un grand nombre d’habitants de Cisjordanie sont obligés d’acheter leur eau à la compagnie israélienne, Mekorot, qui la leur vend à un prix plus élevé que celui pratiqué pour les colonies et qui a simplement cessé d’approvisionner certains villages. Notons que 40% des localités des zones rurales n’ont pas accès à l’eau courante.

De plus, l’administration militaire israélienne empêche le forage de puits par les Palestiniens, qui nécessite des demandes de permis, la plupart du temps refusés. Dès lors, les agriculteurs sont confrontés à des difficultés énormes pour irriguer leurs terres et doivent le plus souvent se contenter de l’eau de pluie recueillie dans des citernes. Or, en moyenne, il ne pleut que 100 m³ par an.

Ces restrictions n’existent pas pour les colonies qui, toutes, jouissent de l’accès à l’eau dans les meilleures conditions, ce qui permet aux colons d’entretenir de belles pelouses, voire même des piscines.

Les terres agricoles

L’Etat occupant s’attaque aussi aux terres agricoles. Ainsi, par exemple, le village de Silwad, au nord-est de Ramallah, a perdu, en 2000, 310 hectares de terres, soit 25% de son territoire, à cause d’une route clôturée construite autour de la colonie d’Ofra. Quant au Mur, outre qu’il annexe des puits, il accapare aussi les terres les plus fertiles de Cisjordanie au profit de l’expansion des colonies. Les agriculteurs palestiniens sont également régulièrement victimes d’agressions afin de les décourager de cultiver leurs terres. En 2008, plus de 292 agressions de Palestiniens par des colons ont été répertoriées par OCHA et 291 en 2007. Plus de 90% des plaintes ont été classées sans suite.

La Vallée du Jourdain, traditionnellement le « grenier » de la Cisjordanie grâce à la fertilité de sa terre, est devenue, quant à elle, le « grenier » des produits agricoles israéliens destinés à l’exportation : 95% des terres de la vallée sont annexés de facto par Israël et 98% des ressources en eau sont accaparés par les systèmes de pompage israéliens. De vastes colonies agricoles monopolisent les terres de la vallée et la totalité de leurs productions se retrouve sur les marchés et supermarchés en Europe via l’entreprise d’export Agrexco qui commercialise fruits, légumes et fleurs.

Agression économique

L’occupation étrangle l’économie palestinienne. Les produits de la bande de Gaza sont depuis 2006 interdits d’exportation. Entre autres exemples, Bethléem, encerclée par le Mur, a perdu une grande partie de ses revenus liés au tourisme. Hébron voit son activité économique étranglée par les colons mais aussi par les restrictions imposées sur le commerce. .

Dans une Cisjordanie économiquement fragilisée, les colonies sont là pour exploiter la pauvreté. Profitant du flou juridique entretenu autour des droits des travailleurs palestiniens, la centaine d’entreprises du parc industriel de Barkan, au sud-ouest de Naplouse, à 8 km de Salfit, exploite 4.500 ouvriers palestiniens (90 % des employés de la zone industrielle). Le montant du salaire horaire est compris entre 1,4 € et 2,4 € contre 4,3€ pour le salaire minimum israélien.

Dans les colonies agricoles de la vallée du Jourdain, 30.000 Palestiniens, adultes ou mineurs, travaillent pour parfois le tiers de ce salaire minimum. L’association Kavla Oved y dénonce les conditions de travail, les rémunérations symboliques et l’absence de droits élémentaires comme le droit à la santé. Les ouvriers victimes d’un accident du travail, survenu souvent à cause de l’absence de mesures de sécurité élémentaires, sont simplement renvoyés chez eux.

L’occupation : une aubaine pour les entreprises israéliennes

De véritables zones industrielles sont constituées par 18 colonies. La délocalisation d’entreprises israéliennes dans l’une de ces zones industrielles est très lucrative car des: réductions fiscales et des réglementations relatives à l’environnement et au droit du travail très souples y sont pratiquées. Ces zones ont aussi tendance à abriter un grand nombre d’industries traitant des matériaux toxiques et des déchets nocifs. Par exemple, les principales entreprises installées à Mishor Adumim se consacrent à la fabrication du plastique, du ciment, de détergents, de teintures textiles, d’aluminium et de galvanoplastie ainsi qu’au tannage du cuir.

L’année 2009 a vu une hausse de 12% du chiffre d’affaires d’Agrexco, principal exportateur israélien des produits agricoles. L’année précédente, l’entreprise israélienne avait exporté des fruits sous la marque Carmel pour environ 492 millions d’euros. Selon le directeur général d’Agrexco UK, Agrexco exporte entre 60 et 70% des productions cultivées dans les colonies.

Israël exporte 390.000 tonnes de produits agricoles frais vers les pays du monde entier, l’avocat y occupant la première place.

Ni l’Union européenne ni la Belgique ne prennent leurs responsabilités

L’UE est le premier partenaire commercial d’Israël : le total des échanges commerciaux représente près de 23 milliards d’euros en 2005. L’UE est le premier importateur en Israël et le deuxième débouché pour les exportations israéliennes. Diamants mis à part, les échanges avec l’UE représentent 35% des échanges commerciaux d’Israël

L’accord d’association UE-Israël permet à Israël de bénéficier, entre autres, de tarifs préférentiels en matière douanière. Or, Israël ne respecte pas les termes de cet accord, notamment pour ce qui concerne le respect des droits de l’Homme et des principes démocratiques. Il viole les droits fondamentaux des Palestiniens, refuse le dialogue politique, entrave la liberté de commerce et d’entreprise en Territoire palestinien occupé ainsi que les échanges de biens ou de capitaux. Or, la résolution du Parlement européen demandant la suspension de cet accord  d’association, votée en 2002, n’a jamais été appliquée par le Conseil de l’UE. Au contraire, le rehaussement des relations entre l’UE et Israël a été voté, en décembre 2009, à la veille de l’opération israélienne « Plomb durci » menée contre la bande de Gaza. .

Dans sa première session internationale de Barcelone, en mars 2010, le jury du Tribunal Russell sur la Palestine a ainsi formulé des conclusions très claires quant aux responsabilités juridiques de l’UE et de ses Etats membres eu égard aux violations du droit international commises par Israël. Il a également appelé les individus, groupes et organisations à renforcer et élargir les actions légales en cours dans le cadre de la campagne BDS (Boycott, Désinvestissement, Sanctions).

Dire le droit : Soda Club

Le 25 février 2010, la Cour de justice de l’Union européenne (CJUE) s’exprimait sur le cas Brita, une compagnie allemande qui importe les produits de la société Soda Club implantée dans la colonie de Mishor Adumim. La CJU a rappelé que les produits des colonies israéliennes ne pouvaient bénéficier de l’accord d’association entre l’UE et Israël, pas plus que de celui entre l’UE et l’Autorité palestinienne. La production des colonies israéliennes doit donc bien être taxée à l’importation.

Pour affirmer efficacement la primauté du droit devant les entreprises qui profitent de l’occupation, il est vital que les activités de ces dernières soient ciblées par des campagnes similaires.

Campagne « Boycott Désinvestissement Sanctions », ça marche !

Le 20 janvier 2009, la filiale transport de la multinationale française Veolia a perdu un contrat d’une valeur de 1,9 milliard d’euros à Stockholm, après une importante campagne de protestation internationale contre la participation de Veolia à la construction du tramway illégal, reliant Jérusalem aux colonies.

Le 29 mars 2010, le plus important fonds de pension suédois a retiré la société israélienne d’électronique de défense Elbit Systems de ses portefeuilles d’investissement pour des raisons éthiques.

Le 18 mai 2010, à la suite de la campagne « Stop Agrexco » en Italie, deux importantes chaînes de supermarchés, COOP and Conad, ont annoncé la suspension des ventes des produits des colonies israéliennes, produits principalement commercialisés par Agrexco.

La nouvelle université de la colonie d’Ariel a été exclue du concours Solar Decathlon Europe, prévu à Madrid en juin 2010, parce qu’elle se trouve dans une colonie en Territoire palestinien occupé.

En Belgique, grâce à une campagne de pression efficace, Dexia a déclaré renoncer aux investissements dans les colonies. Déclaration au demeurant mensongère : la banque a accordé un prêt pour le développement des colonies du bloc Etzion, près de Bethléem. La campagne se poursuit donc afin de contraindre Dexia à cesser réellement d’investir dans les colonies israéliennes.

Je suis un citoyen responsable

Parce que je suis conscient que toute violation des droits de l’Homme à l’étranger qui recueille la complicité de mon gouvernement est le signe d’une dégradation des valeurs qui sont censées diriger nos démocraties en Europe ;

Parce que je ne peux cautionner la politique d’un Etat qui a organisé le blocus de plus d’un million et demi de personnes dans la bande de Gaza ; qui occupe et colonise un territoire qui n’est pas sous sa juridiction depuis plus de 43 ans :

  • Je décide de boycotter les produits israéliens, parce qu’ils participent du vol des terres et des ressources palestiniennes, ainsi que de l’exploitation illégale et moralement inacceptable des Palestiniens.
  • Je participe aux campagnes appelant à désinvestir des entreprises qui collaborent à l’occupation israélienne et en tirent bénéfice.
  • J’interpelle les autorités politiques belges et européennes afin qu’elles imposent des sanctions aux violations du droit, en suspendant l’accord d’association UE-Israël et en suspendant tout rehaussement des relations entre l’UE et Israël

Et ce, tant qu’Israël ne se conforme pas aux droits de l’Homme, au droit international et au droit humanitaire international.

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