Israël affirme sa domination sur des sites palestiniens

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a annoncé dimanche 21 février, lors d’un conseil des ministres extraordinaire tenu à Tel Hai (lieu d’une bataille qui opposa sionistes et Palestiniens, en 1920), que le Tombeau de Rachel et le Tombeau des Patriarches, en Cisjordanie occupée, feraient partie d’une liste de 150 sites archéologiques juifs et sionistes à réhabiliter.

L'entrée du tombeau de Rachel, coincé dans un repli du mur
L'entrée du tombeau de Rachel, coincé dans un repli du mur

Selon des médias israéliens, la décision d’inclure les deux sites dans la liste a été prise à la suite de pressions de ministres ultra-nationalistes de la coalition gouvernementale.

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« Il s’agit d’une nouvelle tentative de gommer les frontières entre l’Etat d’Israël et les territoires occupés », a déclaré le président du parti Méretz, Haïm Oron. Selon lui, « il suffit d’une légère pression en provenance de la droite pour que Netanyahu s’aligne. Cette décision rend dérisoire la déclaration du Premier ministre lors du discours de Bar-Ilan concernant deux Etats pour deux peuples ». Le député Taleb a Sanaa, du parti Raam-Taal, a appelé le gouvernement à définir les sites du patrimoine pour l’ensemble des citoyens et d’y inclure des lieux saints musulmans et chrétiens.

Les partis de droite et du centre se sont en revanche félicités de la décision du Premier ministre. Pour Otniel Schneller du parti Kadima, « la force des racines communes de notre peuple nous donne une puissance commune face aux défis de la paix et de la sécurité ».

Le Fatah a dénoncé cette décision comme constituant une tentative de torpiller les efforts internationaux de reprise des discussions de paix suspendues depuis plus d’un an. Ghassan Khatib, porte-parole du gouvernement palestinien a dénoncé une “violation particulièrement dangereuse parce qu’elle accroît la composante religieuse du conflit d’une manière qui pourrait avoir des conséquences dangereuses”.

Robert Serry, l’émissaire du secrétaire général des Nations-Unies pour le Proche-Orient, a publié le 22 février un communiqué dans lequel il exprime sa préoccupation suite à cette décision. Selon lui, « ces sites sont situés en territoire palestinien et ils ont une importance non seulement pour le judaïsme, mais aussi pour l’islam et le christianisme ». M. Serry a mis en garde que l’application de cette décision du gouvernement israélien sur le terrain risque de porter préjudice à la confiance nécessaire et de faire échec à la reprise des pourparlers.

Le Tombeau de Rachel, entre Jérusalem et Bethléem, est totalement enclavé dans le mur et surveillé par des soldats israéliens, une surveillance qui est aussi importante au Tombeau des Patriarches, à Hébron, dont une partie de la mosquée a été confisquée par l’armée pour l’usage des colons après le massacre des fidèles en prière par le colon Barukh Goldstein, en 1994. On estime que 400 colons juifs vivent dans des enclaves à Hébron, qui compte 150.000 habitants palestiniens.

Colons juifs à Jéricho

La mosquée d'Abraham, Hébron
La mosquée d'Abraham, Hébron

Dimanche encore, une cinquantaine de colons juifs et de militants israéliens d’extrême-droite ont pénétré dans la ville palestinienne de Jéricho et se sont barricadés à l’intérieur d’une synagogue. Un porte-parole de l’armée israélienne a déclaré que des soldats avaient évacué les colons. On ignore si la synagogue de Jéricho figure sur la liste des monuments à réhabiliter, une opération qui devrait coûter environ 400 millions de shekels (107 millions de dollars), selon le Premier ministre israélien. Les colons ont été relâchés le lendemain selon Ha’aretz.

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