Islamophobie et judéophobie, l’effet miroir

Islamophobie et judéophobie, l’effet miroir, Ilan Halevi, Paris, Editions Syllepse, 2015 ; préface d’Alain Gresh.

 Né à Lyon en 1943 de parents juifs, naturalisés français et résistants, Ilan Halevi s’installe en Israël en 1964. Il prend nettement position pour la cause palestinienne et rejoint, en 1976, l’OLP d’Arafat dont il devient vice-ministre des affaires étrangères. Il décède le 10 juillet 2013.

Dans ce texte, écrit dans les derniers mois de sa vie, Ilan Halevi dénonce l’islamophobie et les discriminations qui frappent les musulmans. Inquiet devant la montée des périls susceptibles de mener à une « guerre de civilisation », l’auteur écrit dans l’urgence, « car il y va de la guerre, de la mort et de la souffrance et de l’absolue nécessité de leur résister ». C’est l’œuvre d’un militant formidablement cultivé et fin connaisseur de l’Histoire, celle des Juifs, celle de la Palestine, mais aussi celle du monde dont il s’est toujours senti citoyen.

L’ouvrage développe deux thèmes principaux : le premier est une analyse critique de la guerre contre le terrorisme, le second établit un parallèle entre islamophobie et antisémitisme et Ilan Halevi s’applique à démontrer que « l’islamophobie fonctionne de la même façon, joue un rôle comparable à celui que l’antisémitisme a joué en Europe avant la seconde guerre mondiale. Elle fournit le terreau idéologique sur lequel peuvent croître les nouvelles formes de fascisme. »

C.S.