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Catégorisé | Infos

Viroinval- Qalqilya : un cyber-espace pour franchir le mur du silence

Bulletin 54, novembre 2012

En 2002, les Palestiniens de Cisjordanie vont connaître le même destin que ceux de Gaza. Israël entame la construction d’une Mur en Cisjordanie, qu’ils appellent par euphémisme barrière de séparation. Depuis, au Nord-Ouest de la Cisjordanie, la ville de Qalqilya est complètement encerclée par le Mur et  tous les horizons sont bouchés.

Pour tenter de briser l’isolement imposé par l’occupation militaire israélienne, la commune de Viroinval a mis sur pied un second projet de coopération internationale avec la Palestine. Il se concrétise par l’implantation d’un cyber-espace et d’un studio d’enregistrement au sein du Forum culturel de Qalqilya.

Le 23 novembre 2012, lors de leur inauguration, c’est la voix de Qalqilya qui se fera entendre dans notre petite commune sud-namuroise. Une liaison directe par Internet permettra de franchir le Mur israélien et les 3000 kilomètres qui nous séparent du Proche-Orient.

Une liaison virtuelle certes, mais symbolique. Un acte politique solidaire est posé.

Ce projet est aussi un partenariat avec « Artistes contre le mur », association qui anime depuis près d’une décennie des camps d’été pour des centaines de jeunes à Qalqilya.

Nous n’avons pas choisi Qalqilya par hasard. Qalqilya résume l’injustice faite au peuple palestinien, le cynisme de l’Etat israélien et aussi la résistance du peuple palestinien à l’oppression.

Maintes fois condamné tant sur ses aspects humanitaires et politiques que légaux, le Mur provoque l’isolement physique, géographique mais aussi moral et politique.

On estime que 75% des citoyens n’ont pas d’emploi à Qalqilya. Autrefois le secteur agricole était prospère. Aujourd’hui, l’accès difficile voire impossible aux terres agricoles et aux puits restés de l’autre côté du mur a ruiné l’économie de la ville.

45.000 habitants sont concentrés sur 4 km2. Leurs déplacements sont empêchés. Les permis ad hoc pour franchir les portes agricoles sont rares et aléatoires. L’accès aux soins de santé, à l’éducation, aux études supérieures, au sport, à la culture est entravé par le Mur et toutes les barrières physiques, militaires et psychologiques.

Dans cette ville emmurée, asphyxiée, encerclée, permettre un accès à l’information, offrir un outil d’expression et de communication pacifique, une alternative à la violence omniprésente apporte un soutien inestimable, une bouffée d’espoir, un peu d’évasion aux enfants, aux jeunes et moins jeunes de Qalqilya.

S’investir dans des projets de coopération internationale, grâce dans ce cas au soutien de la Région wallonne, est une volonté de la commune de Viroinval.

Elle n’est pas toujours comprise par le citoyen.

Pourtant les mandataires communaux et les associations partenaires pensent qu’il est important que tous les niveaux de pouvoir (européen, fédéral, communautaire, régional, communal) se mobilisent pour coopérer plus et mieux avec les pays du Sud. La commune peut jouer un rôle dans une politique de solidarité internationale. Elle peut favoriser les liens et les connexions entre les habitants du Nord et du Sud pour une ouverture, une sensibilisation aux réalités de chacun.

« La solidarité, c’est rappeler que notre objectif est l’amélioration des conditions de vie de toutes les femmes et de tous les hommes du monde entier, dans une logique radicalement différente de la compétitivité et de la concurrence. Un îlot de pauvreté, où qu’il soit, reste une injustice sociale de trop, qui met en péril les avancées et acquis d’ailleurs… en ce compris chez nous. »[1]

Nous vivons dans un « village global » où la précarité que vivent les uns s’exporte chez les autres et ne peut plus être ignorée, où les inégalités, les injustices dépassent les frontières.

Par le choix de la Palestine, Viroinval tente modestement par son soutien d’œuvrer en faveur de la liberté du peuple palestinien, peuple éclaté, déchiré, cadenassé, humilié qui réclame ses droits depuis plus de 60 ans.

Ouvrir une fenêtre sur le monde aux jeunes Palestiniens est une pierre à l’édifice dans la construction de la paix.

Jean-Marc Delizée

Député-échevin de Viroinval, chargé de la coopération



[1] « Guide communal de la solidarité internationale », CNCD-11.11.11, octobre 2008

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