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Catégorisé | Infos

Stephen Hawking et le boycott d’Israël

Bulletin 57, septembre 2013

Le 8 mai dernier le journal “The Guardian” annonçait que Stephen Hawking, en soutien à la campagne de boycott académique d’Israël, se retirait de la conférence présidentielle de Shimon Peres « Faire face à demain ». La nouvelle a fait l’effet d’un tremblement de terre. Cette conférence, tenue en juin, en était à sa 5e édition ; elle réunissait des personnalités du monde politique, académique et culturel pour discuter, en public, de sujets divers et variés ; y étaient conviés l’ancien président américain Bill Clinton, l’ancien ministre anglais Tony Blair, la chanteuse américaine Barbara Streisand, et bien  d’autres personnalités publiques et privées.  De plus, elle coïncidait, en cette année 2013, avec la célébration des 90 ans du président israélien.  Inutile de dire que la décision de Stephen Hawking a été ressentie en Israël comme un affront.

Ayant annoncé, dans un premier temps, sa participation à la conférence, Stephen Hawking avait alors reçu un « déluge » d’e-mails en provenance du monde entier, l’exhortant à ne pas y aller et à protester ainsi contre le traitement inacceptable infligé aux Palestiniens par l’Etat d’Israël. Après avoir consulté ses collègues et dûment pris connaissance de l’état de la situation en Israël, « en toute indépendance », il a pris l’initiative d’écrire au cabinet du président Pérès pour l’informer de son désistement. La prise de position de Hawking n’est pas nouvelle : il avait déjà été en Israël en 2006 et, en 2009 , il avait notamment dénoncé l’opération Plomb durci  contre la bande de Gaza, la qualifiant de « disproportionnée » par rapport aux tirs de roquettes palestiniennes. A l’époque, il avait comparé la situation à celle de l’Afrique du Sud avant 1990, estimant que cela ne pouvait plus continuer ainsi.

L’université de Cambridge, où Stephen Hawking travaille depuis 1962 (comme titulaire jusqu’en 2009 de la prestigieuse chaire de mathématiques autrefois occupée par Isaac Newton lui-même), s’est d’abord empressée de démentir les intentions de boycott et a justifié la décision de Hawking par des « problèmes personnels et de santé ». Atteint de sclérose latérale amyotrophique (maladie de Charcot), Hawking, qui est âgé de 71 ans, est en effet cloué dans un fauteuil roulant. Celui-ci est équipé d’un ordinateur grâce auquel il peut communiquer avec son entourage. L’université de Cambridge est ensuite revenue sur sa première version de l’information et a confirmé que le boycott d’Israël était bien la motivation du retrait du célèbre physicien.

Les organisateurs de la conférence ont vivement regretté la décision de Stephen Hawking. Pour son président, Israel Maimon, elle est « injustifiable et fausse », « scandaleuse et incompatible avec un dialogue ouvert et démocratique.»

Dans une lettre ouverte publiée par le quotidien Haaretz, Carlo Strenger accuse Hawking d’hypocrisie parce qu’il singularise Israël par rapport à tous les autres pays et oublie les menaces existentielles qui pèsent sur cet Etat depuis sa création ; il l’accuse également de double standard parce qu’il ne dénonce pas avec la même véhémence la non-fermeture de la prison de Guantanamo et les assassinats ciblés de terroristes par les USA.

Mais c’est surtout sur les réseaux sociaux que les critiques ont été les plus virulentes : de nombreux Israéliens s’en sont pris directement à l’homme et à sa maladie, donnant ainsi lieu à un « véritable festival de la haine » dont voici un échantillon : « cet antisémite ne peut même pas se torcher le c.. » ; « il devrait déjà être mort » ;   « il est aussi paralysé dans la tête » ; « il boycotte l’entreprise qui travaille sur le traitement de sa maladie » ; « il ne devrait plus utiliser son équipement informatique, qui a été conçu par des ingénieurs israéliens .».

Stephen Hawking est devenu une figure importante du mouvement BDS : lancé en 2005, ce mouvement appelle à un boycott généralisé de l’Etat d’Israël dans tous les domaines : les relations économiques, académiques, culturelles et politiques et ce, afin de faire pression sur lui jusqu’à obtenir qu’il cesse sa politique d’annexion et de phagocytage éhonté des territoires et de nettoyage ethnique de leur population palestinienne…

Christiane Schomblond

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