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Catégorisé | Infos

Les autorités menacent le retour au village d’une communauté déracinée

La communauté maronite déracinée de Bir’im a décidé d’exercer son droit de retour en se réinstallant sur ses terres. Les autorités ont menacé d’expulser les villageois s’ils refuser de partir.

Il y a exactement un an, la communauté déracinée d’Iqrit a décidé qu’après 64 années de promesses non tenues, elle n’attendrait plus pour retourner sur ses terres. La semaine dernière, les villageois d’Iqrit ont célébré le premier anniversaire de leur avant-poste construit sur leurs terres confisquées, et ont annoncé leur intention de continuer l’extension de leur présence sur le terrain.  Il apparait maintenant qu’Iqrit n’est plus seul puisqu’une autre communauté déracinée, près de la frontière du Liban, essaie aussi de faire revivre son village détruit.

Samedi, après la prière communautaire hebdomadaire dans l’ancienne église (le dernier édifice encore debout dans le village), le Comité pour les déracinés de Kafr Bir’im a érigé quelques douzaines de tentes sur des terres qui étaient autrefois les leurs et qui servent désormais de parc national , et a déclaré qu’ils ne s’en iraient pas une nouvelle fois. Depuis lors, ils ont organisé des tournantes, avec environ 25 membres du village à tout moment sur le site, où ils organisent des activités sociales, religieuses ou autres à l’extérieur de l’église. Cette action se déroule environ six mois après que des graffiti anti-chrétiens ont été peints sur l’église du village.

«Nous sommes excédés des gouvernements qui choisissent de nous ignorer et qui pensent que, le temps passant, nous allons simplement oublier et renoncer à nos droits sur la terre», nous dit Deeb Maroun, un membre du comité.  «Nous pensons que c’est tout simplement absurde que tant de décisions de tribunaux et de commissions officielles aient soutenu notre cause, que la majorité des Israéliens nous soutient, mais que nous ne sommes toujours pas autorisés à revenir. Nous voulons remettre l’histoire de Bir’im au coeur de l’actualité et dans la conscience publique, et nous croyons que ceci est la meilleure façon d’y arriver – par un retour non violent».

Mercredi, des responsables de l’Administration Foncière israélienne se sont présentés sur les lieux et ont placardé une notification avertissant les gens de Bir’im qu’ils sont en infraction et exigeant qu’ils « arrêtent tous les travaux en cours sur le site. » Ils ont dit aux villageois qu’ils seraient expulsés dans les sept jours s’ils ne partent pas de leur plein gré. Alors que les gens d’Iqrit ont pu conserver leur poste pendant un an – ne souffrant que de la démolition et du déracinement de tout ce qui a été construit ou planté en dehors de la zone de l’église – il semble que les autorités vont être plus difficiles avec les gens de Bir’im, peut-être parce que leurs terres servent maintenant de parc national contenant d’antiques vestiges juifs. «Nous étudions l’avis que nous avons reçu et nous allons décider de notre réaction», nous dit Maroun. «Nous ne cherchons pas de confrontation, nous n’utilisons pas la violence et nous n’essayons pas de construire quoi que ce soit. Nous recommençons simplement à vivre la vie de Bir’im, et chacun est invité à nous rendre visite pacifiquement ».

Les destins de Bir’im et Iqrit sont uniques dans l’histoire d’Israël et de la Nakba. Après la fin de la guerre de 1948, les forces israéliennes ont pénétré dans les deux villages chrétiens (Bir’im la maronite et Iqrit la catholique) et ont intimé aux habitants (alors citoyens de l’Etat nouvellement créé d’Israël) de quitter leurs maisons pour quinze jours. La raison officielle était la crainte de l’armée que leur proximité avec la frontière libanaise mettrait en danger la sécurité de la région. La quinzaine devint bientôt un mois, puis un an, et bientôt, Bir’im a été peuplée par des immigrants juifs fraichement arrivés.

Après que la pétition des villageois à la Haute Cour aboutit à la décision qu’ils doivent être autorisés à rentrer, leurs maisons ont été détruites et leurs terres confisquées. Les victoires judiciaires répétées des deux villages n’ont pas encore abouti au retour des villageois, principalement en raison de la crainte des gouvernements successifs que le respect de la décision de la Cour ouvrirait grand les portes à de bien plus grandes exigences de retour de la part des réfugiés de 1948 et des personnes déplacées à l’intérieur d’Israël. Les habitants des deux villages sont toujours déterminés à faire valoir leurs droits, et ont maintenu les liens avec leurs terres en visitant les églises et les cimetières subsistants au long des années, ainsi que par la tenue de camps d’été annuels pour enseigner aux jeunes leur propre histoire.

Haggai Matar

 

Source: Authorities threaten displaced community’s return to village sur 972mag.com, 22 août 2013.

Photo : Tentes installées sur les terres de Bir’im et panneau d’avertissement de l’Administration Foncière (photo: Comité pour les Déracinés de Kafr Bir’im)

Trad.: T.B.

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