
agriculteurs de Gaza, avril 2010 (@DYCT)
Un rapport appelle à la fin à l’embargo, précisant que l’assouplissement consenti par Israël il y a six mois n’a pas contribué à améliorer le sort des civils de Gaza
Les 1,5 million de personnes de Gaza souffrent toujours d’une pénurie de matériaux de construction, d’une interdiction sur les exportations et de sévères restrictions de mouvement six mois après qu’Israël ait accepté d’alléger son blocus sur le territoire, selon un rapport de 21 organisations internationales.
L’assouplissement de l’embargo a peu fait pour améliorer le sort des civils de Gaza, selon la coalition, qui comprend Amnesty, Oxfam, Save the Children, Christian Aid et Medical Aid for Palestinians. Celle-ci appelle à une nouvelle action internationale afin de persuader Israël de lever le blocus sans conditions.
Israël a accepté d’alléger ses restrictions sur les biens et les matériaux autorisés à entrer dans Gaza à la suite de son attaque sur une flottille de bateaux d’aide en mai, au cours de laquelle neuf militants turcs ont été tués. Depuis lors, l’importation d’aliments et de nombreux autres articles de consommation a repris, mais il reste encore une interdiction sur les exportations et des restrictions sévères sur les matériaux de construction. Israël fait valoir que ces derniers pourrait être utilisé par des militants à des fins militaires.
Tony Blair, le représentant pour le Proche-Orient du Quartet (États-Unis, ONU, UE et Russie), a fait écho de l’appel à Israël pour qu’il accélère son assouplissement du blocus, dans une interview ce weekend. “Il ya eu des changements significatifs dans la bande de Gaza, mais pas autant que nous en avions besoin, a-t-il déclaré à l’Associated Press.
Selon le rapport d’aujourd’hui, Dashed Hopes : Continuation of the Gaza Blockade (Espoirs déçus: Poursuite du blocus de Gaza), les importations de matériaux de construction sont à 11% des niveaux prévalant en 2007 avant le blocus. Bien qu’ayant accepté d’autoriser l’entrée de matériaux pour l’UNRWA (United Nations Relief and Works Agency) afin qu’elle reconstruise ses écoles et ses dispensaires endommagés ou détruits durant les trois semaines de guerre en 2008-09, Israël a seulement autorisé 7% de la quantité nécessaire.
Un grand nombre de foyers et d’entreprises touchés pendant la guerre ne sont pas encore réparés presque deux ans plus tard en raison de la pénurie de matériaux de construction.
Les exportations restent interdites à l’exception des fraises et d’œillets destinés aux marchés européens. Israël autorise désormais l’importation de tissu par les usines de confection, mais bloque l’exportation des produits finis.
Mais certaines entreprises ne sont toujours pas en mesure d’importer des matières premières dont elles ont besoin. Selon le rapport, les deux tiers des entreprises de Gaza ont fermé leurs portes depuis que le blocus a été renforcé en juin 2007, et le reste fonctionne à capacité restreinte.
Israël maintient une interdiction globale sur la circulation des personnes, avec le nombre de permis de quitter la bande de Gaza accordés aux personnes s’élevant à moins de 1% du nombre ayant prévalu il y a 10 ans, indique le rapport. Il y a eu une augmentation du nombre d’autorisations de voyage pour les hommes d’affaires, « mais les habitants ordinaires de Gaza se voient encore refuser l’accès à leurs amis et à leur famille, ainsi qu’aux possibilités d’éducation en Cisjordanie, à Jérusalem-Est et à l’étranger ».
Il n’y a eu aucun changement concernant la « zone tampon » autour du périmètre de Gaza, qui engloutit 35% des terres arables de Gaza et 85% des eaux de la pêche maritime « avec des effets dévastateurs sur l’économie et les droits et les moyens d’existence des personnes… Les limites des zones d’accès restreint sont très arbitraires et directement appliquées par les armes», affirme le rapport. Depuis que le blocus a été assoupli il y a six mois, 6 civils ont été tués et 50 blessés par des tirs israéliens dans la zone tampon.
« Le soi-disant « assouplissement » du blocus de Gaza ne change pas le fait qu’il y a encore un blocus cruel et illégal qui punit collectivement la population civile tout entière », a déclaré la directrice d’Amnesty, Kate Allen. « Le seul véritable assouplissement a été l’assouplissement de la pression sur les autorités israéliennes afin qu’elles mettent fin à cette pratique cruelle et illégale ». Jeremy Hobbs, directeur d’Oxfam, a déclaré: « L’échec d’Israël d’être à la hauteur de ses engagements et le manque d’action internationale pour lever le blocus privent les Palestiniens de Gaza de l’accès à l’eau potable, d’électricité, d’emplois et d’un avenir de paix ».
La coalition appelle à un renouvellement de la pression internationale sur Israël à propos de Gaza. « Il ne peut pas y avoir de solution juste et durable au conflit israélo-palestinien sans mettre fin à l’isolement et à la répression imposés au peuple de Gaza », indique le rapport. «Le gouvernement d’Israël et certains membres de la communauté internationale continuent à hésiter à lever le blocus tant que le Hamas détient le pouvoir à Gaza. Pourtant, la défense des droits et des besoins des civils dans la bande de Gaza ne doit pas être subordonnée à d’autres objectifs politiques ».
Dans un communiqué, COGAT, l’organisme responsable de l’armée israélienne à Gaza, a déclaré que les revendications du rapport étaient « partiales et déformées et induisent donc le public en erreur ». Il a déclaré que le nombre de camions entrant dans la bande de Gaza chaque jour a augmenté de 92% depuis le mois de juin. Il y avait des problèmes de sécurité et de logistique concernant les exportations de biens et de l’importation et de matériaux de construction, a-t-il ajouté. « Israël ne permettra pas une partie agenda caché de perturber le processus à laquelle les deux le gouvernement d’Israël et la communauté internationale sont pleinement engagés ».
Harriet Sherwood, à Jérusalem
Source : The Guardian, 30 novembre 2010
Traduction : NJO




