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« In due time »

Edito – Bulletin 55, mars 2013

Combien de fois les Palestiniens auront-ils entendu cette ritournelle dans la bouche des Occidentaux à chaque fois qu’ils ont demandé la reconnaissance de leur Etat ? C’est encore ce refrain qu’entonnait Monsieur Didier Reynders au lendemain de sa nomination au poste de ministre des Affaires étrangères de Belgique. Et voilà ce qu’il répondait à la lettre que lui adressait l’ABP le 24 janvier 2012 :

« Même s’il s’agit d’une décision nationale, je suis d’avis qu’une approche concertée au niveau européen s’impose dans ce dossier de reconnaissance. L’UE est prête à reconnaître l’Etat de Palestine une fois que les conditions nécessaires à sa reconnaissance seront réunies. Il s’agit là, selon moi, d’une formulation dynamique et non pas d’une position statique sans aucune connexion avec l’évolution de la situation. »

Or aujourd’hui, la situation a changé pour deux motifs.

Tout d’abord, la Palestine est reconnue en tant qu’Etat souverain en droit tant à l’Unesco que par l’Assemblée générale des Nations unies. Ce sont là des reconnaissances auxquelles la Belgique s’est d’ailleurs associée et qui doivent, ainsi que l’a recommandé le Sénat dans une résolution, conduire l’Etat belge à établir des relations diplomatiques bilatérales complètes avec l’Etat de Palestine.

La reconnaissance de l’Etat de Palestine sur les frontières fixées en 1967 est indispensable afin de pourvoir de manière positive et directe à la sauvegarde des droits territoriaux des Palestiniens. Cela devient d’autant plus urgent au moment où le gouvernement de M. Netanyahou accélère la colonisation des terres palestiniennes.

Chacun sait la faiblesse de la Haute Représentante de l’UE, la baronne Ashton, qui colle aux basques de M. Tony Blair dont on connaît par ailleurs l’attentisme favorable à Israël. A l’issue du vote à l’Assemblée générale des Nations unies, le quartet doit être dénoncé, M. Blair démissionné et l’ONU doit reprendre l’initiative, ce qui est son rôle.

C’est au secrétaire général des Nations unies de prendre les mesures indispensables pour mettre fin à l’occupation de la Palestine par Israël et aux annexions de territoires. Les pays européens qui ont voté en faveur de la Palestine à l’ONU doivent se mettre d’accord pour encourager et soutenir ces mesures.

Le deuxième motif réside dans la conduite inacceptable du gouvernement israélien, seul pays du Conseil des droits de l’Homme des Nations unies à s’être soustrait, lors de la 22e session (février-mars 2013) de ce dernier, à l’examen périodique universel[1]. Le New York Times de ce 29 janvier l’a dénoncé en ces termes : « Israel boycotts U.N. Rights Review ». Quant aux ambassadeurs américains et canadiens, ils ont aussitôt dénoncé l’attitude d’Israël. Les deux grands alliés d’Israël craignent en effet que d’autres Etats ne lui emboîtent le pas.

Il est plus que temps de rappeler le gouvernement israélien à ses obligations internationales. Exiger le respect des droits des Palestiniens ne constitue en rien un acte inamical à son égard mais est le simple rappel d’une obligation de tous les Etats au regard du droit international et des conventions que l’Etat d’Israël a d’ailleurs ratifiées.

La reconnaissance de l’Etat de Palestine par la Belgique constituera un signal fort en direction des autorités israéliennes et signifiera clairement que seules des négociations dans le cadre onusien et dans le respect des résolutions du Conseil et de l’Assemblée générale sont en mesure d’aboutir à une paix juste et durable.

Ce sera aussi pour la Belgique l’occasion de rendre hommage de manière exemplaire à l’un des plus remarquables représentants de la cause palestinienne dans notre pays, notre ami Chawki Armali.

 

Pierre Galand

Président

 



[1] L’examen périodique universel (EPU) est un mécanisme par lequel le Conseil des droits de l’Homme des Nations unies passe régulièrement en revue le bilan de chacun des 193 membres de l’ONU en matière de droits humains et au regard de ses engagements et obligations en la matière.

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