Un futur environnement composé d’Egyptiens, de Jordaniens et de Syriens libres pourrait éventuellement modeler les frontières d’Israël
Le printemps arabe a finalement eu un impact sur la question centrale de la région, le conflit israélo-palestinien. Il a pris la forme d’un projet d’accord entre le Fatah et le Hamas qui a pris tout le monde par surprise. Il ya trois principales raisons pour lesquelles, après quatre années de conflit amer et violent entre les deux rivaux, le Fatah a adhéré à toutes les conditions politiques du Hamas pour former un gouvernement d’unité nationale.
La première a été la publication des Palestine Papers, le dossier secret du dernier round de négociations infructueuses avec Israël. La mesure dans laquelle les négociateurs palestiniens étaient prêts à se plier en quatre pour satisfaire Israël a surpris les cyniques les plus endurcis. L’Autorité palestinienne a subi une hémorragie du peu d’autorité qu’il lui restait. La deuxième a été la perte pour le président palestinien, Abu Mazen, de ses plus proches alliés dont Hosni Moubarak et son acolyte Omar Suleiman. Lorsqu’ils étaient encore là, la porte arrière de Gaza étaient verrouillée. Mais la troisième raison a peu à voir avec quoi que ce soit qui précède: la confiance d’Abou Mazen en Barack Obama a finalement craqué. Pour un homme qui a consacré sa carrière à la création d’un Etat palestinien par la négociation, le tournant s’est produit lorsque les États-Unis ont opposé leur veto à une résolution de l’ONU condamnant la construction de colonies par Israël. Ce faisant, les États-Unis ont opposé leur veto à leur propre politique. En effet, la résolution a été rédigée à partir des propres mots d’Hillary Clinton utilisés pour condamner la construction. Avec tout cela, la frustration du Fatah a maintenant pris forme politique.
Les hommes politiques israéliens ont réagi négativement à la nouvelle de la réconciliation. De droite à gauche, ils partagent une interprétation obsolète. Il veulent conserver la capacité - et le droit - de dicter quel état les Palestiniens construiront dans leurs frontières. Avoir passé des années façonner l’environnement, le franc doit encore tomber qu’un futur environnement composé d’Egyptiens, de Jordaniens et de Syriens libres pourrait éventuellement modeler les frontières d’Israël. Même après la chute de Moubarak, le consensus était que Le Caire était si préoccupé par des problèmes internes qu’il manquait d’énergie pour faire de la politique étrangère.
Il n’en est rien. Hier, le ministre des Affaires étrangères Nabil al-Arabi a annoncé que l’Egypte leverait prochainement le siège de Gaza. Ces événements constituent un défi direct pour le statu quo qu’Israël, les Etats-Unis et l’UE ont façonné. Coutourneront-ils maintenant la volonté des Egyptiens qu’ils prétendent défendre? Les États-Unis feront-ils ce qu’ils ont fait la dernière fois que le Fatah et le Hamas s’étaient réconciliés à la Mecque, et retireront-ils l’alimentation au gouvernement d’unité? Le Quartet menace-t-il de retirer les fonds de l’Autorité palestinienne, parce que, comme il parait très probable, Salam Fayyad ne sera plus là pour les débourser? Les États-Unis pourraient tordre le bras du Fatah, ce que n’empecherait pas pour autant le Fatah de tout de même signer sur la ligne pointillée.
Source : Editorial, The Guardian, vendredi 29 avril 2011
Traduction : NJO




