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Catégorisé | Infos

Diffamation contre des militants des droits de l’homme israéliens trop familière

Haneen Zoabi, membre palestinienne de la Knesset

Haneen Zoabi, membre palestinienne de la Knesset

La semaine dernière, le président du Congrès juif européen (CJE) a ​​lancé une attaque extraordinaire envers une organisation de droits de l’homme israélienne, Adalah, en comparant l’ONG à des partis d’extrême-droite comme le Front National français et le British National Party.

Moshe Kantor, qui dirige l’organisation mère des représentants élus des communautés juives d’Europe, répondait à un document divulgué par l’UE qui s’inquiétait du traitement réservé par Israël à ses citoyens palestiniens (EJC a refusé de donner ses commentaires pour cet article). Affirmant que le rapport avait utilisé Adalah comme source, Kantor a déclaré:

«Adalah, une organisation extrémiste en marge de la société, déclare ouvertement un agenda politique radical destiné à changer la nature de l’Etat d’Israël et a travaillé aux côtés de certains des éléments les plus radicaux dans la région. Cela équivaut à utiliser des sources du Front national pour comprendre la société française ou du British National Party pour comprendre la société britannique. « 

Adalah est un centre juridique bien établi en Israël, qui travaille pour promouvoir et défendre les droits des citoyens palestiniens («Arabes israéliens»). Elle a un statut consultatif spécial auprès du Conseil économique et social de l’ONU (ECOSOC), et a reçu des financements au cours des années d’organisations comme Oxfam, New Israel Fund et Christian Aid.

Le mois dernier, alors que le co-fondateur d’Adalah Hassan Jabareen recevait une récompense pour son travail, l’ONG a été décrite par la juge à la retraite de la Cour suprême israélienne Ayala Procaccia comme travaillant « pour faire avancer les droits humains» avec une «force intellectuelle exceptionnelle» et un «engagement moral élevé ».

Pourquoi, alors, le président d’EJC compare-t-il ce défenseur respecté des droits des minorités à un parti que le premier ministre britannique a déjà décrit comme « une bande de fascistes»?

Dans un parallèle troublant avec les attaques envers les ONG en Israël même, la réponse se trouve dans le dossier d’Adalah sur la défense des droits des Palestiniens contre les violations des droits de l’homme et la discrimination perpétrée par le gouvernement israélien.

La rhétorique de Kantor est trop familière pour les défenseurs des droits humains en Israël ces derniers temps. En juillet dernier le ministre des Affaires étrangères, Avigdor Lieberman, a décrit un certain nombre de groupes de droits de l’homme comme des «organisations terroristes». Les groupes de pression tels que NGO Monitor se vante de « nommer et attirer la honte » (« naming and shaming ») sur ceux (comme Adalah), qu’ils disent « diaboliser Israël ».

Il y a maintenant des changements législatifs visant à limiter les financements étrangers des groupes de droits humains, une dynamique que l’ancien ambassadeur israélien en Afrique du Sud dit est « étonnamment similaire » aux lois qui s’appliquaient pendant l’apartheid. Les «cibles» de la loi dans les deux cas sont «ces voix conscientes, devenues un problème pour le régime ».

Deux aspects du travail d’Adalah causent une offense particulière pour ceux qui font l’apologie d’Israël. D’abord, elle remet en cause le statu quo qui discrimine les citoyens palestiniens d’Israël, en poursuivant les affaires juridiques au plus haut niveau dans les tribunaux du pays.

Adalah a souligné les causes profondes de la discrimination en proposant une «constitution démocratique» pour Israël « basée sur le concept d’un Etat démocratique, bilingue et multiculturel ». La perception de l’égalité comme une menace, note Adalah, est une «caractéristique des régimes coloniaux », et non pas d’une véritable démocratie.

Le deuxième aspect est qu’Adalah travaille auprès des tribunaux israéliens et à l’ONU pour protéger les civils dans les territoires palestiniens occupés sur la base du droit international humanitaire et cherche à charger les responsables pour crimes de guerre – par exemple, lors de l’attaque sur Gaza il y a trois ans. Ceci est considéré comme inadmissible pour ceux qui mènent l’offensive contre les organisations israéliennes des droits de l’homme.

Les commentaires de Kantor reflètent un modèle plus large, où même les petits efforts pour faire quelque chose de constructif afin de dénoncer les atteintes aux droits de l’homme ou les pratiques discriminatoires en Israël font face à des mesures de diffamation, d’intimidation et critiques exacerbées.

Documenter les faits et confronter l’injustice n’a jamais été sans conséquences (en particulier pour les Palestiniens), mais le climat de paranoïa et les représailles augmentent constamment.

Source: Blog de Ben White : This smear against Israeli human rights activists is all too familiar, 4 janvier 2012

Trad. : NJO

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