B’Tselem a récemment découvert un certain nombre de cas où les mineurs âgés de 12 à 15 ans, habitant Silwan, à Jérusalem-Est, ont été arrêtés au milieu de la nuit par des policiers et des agents de l’Agence de Sécurité d’Israël accompagnés de membres armés de la police des frontières. Dans quatre cas documentés par B’Tselem, les mineurs ont été tirés de leur lit et sortis des maisons et soumis, menottés, à un interrogatoire au poste de police dans le quartier russe, à Jérusalem-Ouest. Les parents des enfants n’étaient pas autorisés à les accompagner. Les mineurs ont ensuite été interrogés sur des allégations de jets de pierres. Les témoignages recueillis par B’Tselem indiquent que, lors de l’interrogatoire, les interrogateurs les ont battus et menacés. La détention de l’un d’eux, un adolescent de 14 ans, a été prolongée pendant sept jours. Les autres ont été libérés.
La tension permanente entre les résidents de Silwan et les colons de Beit Yehonatan ainsi que le personnel de sécurité, contexte possible des jets de pierres vers l’édifice, est apparemment la raison de ces arrestations.
Le traitement des mineurs par les autorités contrevient totalement à la Loi sur la jeunesse, telle que modifiée en 2008 (amendement n ° 14). En vertu de la loi, un mineur qui est soupçonné d’avoir commis un délit criminel ne peut être interrogé en l’absence d’un parent. La loi interdit également, sauf dans des cas exceptionnels, l’interrogatoire d’un mineur la nuit, et déclare que, si l’objectif peut être atteint d’une manière moins néfaste, le mineur ne doit pas être arrêté. Dans le cas présent, certains des parents étaient prêts à s’engager à conduire les mineurs dans la matinée à l’interrogatoire, et l’opération n’avait aucune raison d’être conduite de nuit.
Les mesures prises par les autorités ont gravement violé les droits fondamentaux des mineurs, qui sont tous des résidents permanents d’Israël. Une opération de type militaire menée au milieu de la nuit, dans le but de détenir des mineurs âgés de 12 à 15 ans, de leur faire subir des interrogatoires parce que soupçonnés d’avoir lancé une pierre est absurde et injustifié, quelque soit le motif. Il est difficile de croire que les forces de sécurité auraient agi de même avec des mineurs juifs.
source : B’Tselem





