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Catégorisé | Analyses

Vins des colonies en Belgique

Bulletin 59, mars 2014

En bref : l’industrie viticole israélienne tire profit de/participe activement à l’occupation israélienne. Les six principales exploitations viticoles possèdent des vignes cultivées en territoire occupé (syrien ou palestinien). La mise au point d’une carte de régions viticoles couvrant à la fois des territoires israéliens et occupés, l’appartenance des vins israéliens à la catégorie des vins du Nouveau Monde et le manque de transparence des viticulteurs quant à la provenance des vignes utilisées dans la production du vin font qu’il est impossible d’exclure que le vin vendu en Belgique par ces producteurs ne soit pas issu de vignes cultivées en territoire occupé.   

 

L’industrie viticole israélienne collabore à l’occupation de la Cisjordanie et du plateau du Golan, zones propices à la production de vins. Les entreprises viticoles s’approprient des terres palestiniennes pour y planter des vignes, accaparent les ressources hydriques en territoire occupé, normalisent la colonisation en développant l’œnotourisme et tirent des profits du tourisme et de la vente de vins en Israël et à l’étranger.  Les Conseils des colonies s’emparent parfois de puits, sources et bassins d’eau afin de les intégrer aux parcours touristiques, privant ainsi les agriculteurs palestiniens d’espaces jusque-là publics et de ressources hydriques déjà limitées. Le gouvernement israélien octroie des incitants financiers aux entreprises agricoles pour développer leurs activités en territoire occupé : quotas d’eau subsidiés, fonds en provenance des ministères de l’Agriculture (pour la construction des installations), de la Défense (pour la réfection de routes et la clôture de parcelles) et du Tourisme (pour développer le pendant touristique des vignobles). Entre 2008 et 2010, 21,9 millions de shekels ont été débloqués par le ministère de l’Agriculture pour soutenir des projets agricoles dans des colonies en Cisjordanie.

 

Le marché viticole israélien est contrôlé par six maisons qui possèdent toutes, sans exception, des vignobles en territoires occupés (syrien et/ou palestinien).

  • La Carmel Winery est propriétaire de trois vignobles dans le plateau du Golan et exploite des vignes cultivées à Mevo Horon. Carmel est également à la tête de la Yatir Winery, fondée par des colons viticulteurs, qui exploite des vignobles situés (entre autres) dans la région des « collines du sud d’Hébron », en Cisjordanie occupée.
  • La Barkan Winery est la deuxième plus grande entreprise viticole d’Israël. Elle est  propriétaire de vignobles dans le plateau du Golan et d’un vignoble en Cisjordanie.

Les vins Grand Classic, Barkan Reserve Merlot 2006, Barkan Reserve Cabernet Sauvignon 2005, Barkan Reserve Shiraz 2006, Altitude Cabernet +412, Superior Cabernet Sauvignon 2006 et Reserve Chardonnay 2009 sont produits à base de raisin cultivé en territoire occupé.[1] En ce qui concerne les autres vins, il impossible d’exclure que des vignes situées en territoire occupé n’aient pas été exploitées.

  • La Golan Heights Winery est une entreprise viticole fondée à Katzerin (Golan occupé) dont 96% des vignobles sont situés dans le plateau du Golan. Elle appartient à deux coopératives qui représentent quatre kibboutz (tous situés dans le Golan) et quatre moshavim dont trois sont dans le Golan. 30% de la production sont destinés à l’exportation. Les vins commercialisés sous les marques Yarden, Gamla et Golan sont produits à base de raisins cultivés dans le plateau du Golan.
  • La Teperberg 1870 Winery possède plusieurs vignes, dont certaines à Gush Etzion et Mevo Horon (Cisjordanie occupée). L’origine des vignes utilisées pour la fabrication des différents vins n’est pas indiquée par l’entreprise.
  • La Binyamina Winery exploite des vignobles en Israël, en Cisjordanie et dans le plateau du Golan.  Dans ses publications, l’entreprise fait référence à des vignobles dans les régions viticoles « Shomron » et « Judean Hills », qui sont à cheval sur Israël et la Cisjordanie occupée. De même que pour Teperberg, il n’y a pas d’information sur les vins faits à base de raisins cultivés dans les colonies.
  • La Tishbi Estate Winery possède des vignobles à Gush Etzion (Cisjordanie occupée) et des parts dans Gush Etzion Wineries (colonie d’Efrata).

 

En Belgique, ces vins sont vendus dans des vinothèques, en ligne ou via des distributeurs indépendants. Certains vins produits par la Golan Heights Winery peuvent être achetés sur le site de Delhaize, Delhaize Wine World (l’origine indiquée est la Galilée) et au Grand Magasin Rob.

Sauf pour quelques bouteilles spécifiques de la Golan Heights Winery, il est impossible de distinguer les vins produits à base de raisin cultivé en Israël des vins pour lesquels des vignes des territoires syrien et palestinien occupé ont été exploitées :

  • L’agence israélienne d’exportation a mis au point une carte de « régions viticoles » dont le tracé ne correspond à aucune délimitation connue. Ces régions s’étendent à la fois sur les territoires occupés et le territoire israélien. Par exemple, la région viticole « Galilée » couvre à la fois le nord de la Galilée et le plateau du Golan, ce qui brouille la distinction entre territoire occupé et Israël. Il est donc impossible d’affirmer qu’un vin vendu en Belgique dont la provenance indique « Galilée » soit réellement produit en Galilée, Israël.
  • La classification des vins en « Nouveau / Ancien Monde », qui n’est pas le fait du gouvernement israélien, donne aux viticulteurs un outil supplémentaire pour brouiller la piste des vignes des colonies. Les vins israéliens tombent en effet dans la catégorie « vins du Nouveau Monde », qui classe les vins selon la variété des raisins utilisés pour leur production  ou cépage plutôt que par région. L’utilisation de raisin cultivé en territoire occupé passe ainsi inaperçue.
  • Les viticulteurs n’indiquent pas l’origine des vignes, ce qui leur permet de dissimuler l’exploitation de celles cultivées en territoire occupé.

Il est donc absolument impossible d’exclure que le vin israélien des marques mentionnées ci-dessus et qui est en vente en Belgique n’a pas été produit à partir de vignes situées en territoire occupé.

Katarzyna Lemanska

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