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Catégorisé | Analyses

Bab El Shams ou une nouvelle forme de résistance

La riposte palestinienne au projet de colonisation E1 ne s’est pas fait attendre. Mais cette résistance en a surpris plus d’un, à commencer par les autorités israéliennes elles-mêmes. Cette nouvelle forme de résistance préfigure un nouveau mode  d’opposition à la colonisation continue de la Palestine.


Une nouvelle forme de résistance

Face au projet E1 de colonisation de la zone reliant Jérusalem-Est à la colonie de Maalé Adoumim, un Comité de coordination de lutte populaire avait décidé d’investir le lieu et d’y établir un camp de fortune. Cette nouvelle mobilisation populaire pacifique, nouveau modèle de résistance pacifique en vue de contrecarrer le dessein israélien, a été lancée par un comité qui regroupe principalement des jeunes appartenant à des univers politiques différents.

Le 11 janvier 2013, près de 20 tentes ont été montées en vue d’ériger ce campement provisoire baptisé « Bab el Shams » (« La Porte du Soleil »). Près de 200 personnes s’y étaient installées dans des conditions météorologiques particulièrement rudes avec près de zéro degré dans la région. Devant l’absence de résultats concrets du processus de paix et le manque de pressions sérieuses de la communauté internationale sur les responsables politiques israéliens pour mettre un terme à la colonisation rampante des territoires palestiniens, il ne fait aucun doute, selon les organisateurs du camp de protestation, que cette nouvelle forme de résistance est appelée à se développer dans l’avenir.

 

 

Une réaction disproportionnée

 

Malgré le caractère résolument pacifique de leur initiative, les résistants ont été délogés par la  force le 13 janvier 2013 du site de Bab El Shams. Près de 500 policiers et gardes-frontières israéliens, appuyés par des bulldozers, ont été mobilisés pour l’occasion, déclarant le secteur « zone militaire interdite ». Les témoignages recueillis sur place ont fait état d’un usage excessif de la force, eu égard à la réaction passive des militants présents qui n’ont opposé aucune résistance physique. Surprises par le caractère spontané de l’initiative, les autorités israéliennes craignent que d’autres du même type se reproduisent à l’avenir. Ce qui fait dire à Jonathan Cook : « C’est, bien sûr, la grande peur de Netanyahou. Le scénario qu’il craignait le plus, selon les officiels israéliens, c’est que ce genre d’initiative populaire devienne contagieux. Si les Palestiniens voient que la résistance populaire et non violente, contrairement à un recours inutile et sans fin à la diplomatie, contribue à éveiller la conscience du monde à l’égard de leur sort, il y aura alors plus de Bab al-Shams – et bien d’autres surprises qui attendront Israël au coin de la rue. » Une crainte qui semble justifiée au regard de la détermination du Comité de coordination de gagner en puissance. Ainsi, les militants palestiniens ont monté deux tentes et construit un mur dans la localité de Beit Iksa en Cisjordanie, elle aussi menacée de confiscation par Israël.

 

S’inspirer des agissements des colons

En dressant des camps dans les zones destinées à être colonisées, les militants entendent pratiquer une politique des faits accomplis à l’image des colonies israéliennes dites « sauvages ». Une manière pour eux d’attirer l’attention de l’opinion internationale sur la différence de traitement appliqué à ces avant-postes « illégaux » auxquels Israël fournit les commodités nécessaires à leur fonctionnement (eau, électricité, routes,…). Par ailleurs, les autorités israéliennes ont justifié le démantèlement du camp en arguant de la crainte d’une confrontation certaine des militants avec des colons israéliens.

Il n’est guère surprenant que les médias internationaux, d’habitude si prompts à dénoncer les tirs du Hamas sur Israël et le caractère prétendument « violent » de la résistance palestinienne, n’aient pas rendu compte du développement de ce nouveau mode de résistance pacifique du peuple palestinien qui s’inscrit dans la lignée des autres actions pacifiques à l’image de la campagne Boycott, désinvestissement et sanctions (BDS).

Hocine Ouazraf

 

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