Il existe des « preuves claires » pour poursuivre Israël, selon l’ONU

Dans son rapport publié mercredi 22 septembre, la mission d’enquête du Conseil des droits de l’homme de l’ONU estime que l’abordage fin mai, par la marine israélienne, d’une flottille humanitaire en route pour Gaza constitue une « violation grave des droits de l’homme » et une utilisation « inacceptable de la brutalité ».

« Il y a des preuves claires permettant d’appuyer des poursuites pour les crimes suivants (…) : homicide intentionnel, torture ou traitements inhumains, fait de causer intentionnellement de grandes souffrances ou des blessures graves », écrivent les experts dans le rapport. « Les auteurs des crimes les plus graves ayant été masqués ne peuvent pas être identifiés sans l’assistance des autorités israéliennes », soulignent-ils. Ils demandent ainsi au gouvernement d’Israël de coopérer pour permettre leur « identification en vue de poursuivre les coupables ».

« des niveaux de violence incroyables »

« La conduite des forces armées d’Israël (…) vis-à-vis des passagers de la flottille (…) révèle un niveau inacceptable de brutalité » et s’est traduite par de « graves violations des droits de l’homme et du droit international humanitaire », écrivent les experts dans leurs conclusions. Ils considèrent qu’Israël a agi de façon « non seulement disproportionnée dans les circonstances » ayant alors prévalu, mais a également recouru à « des niveaux de violence totalement inutiles et incroyables ».

Le Conseil des droits de l’homme a voté le 2 juin dernier une résolution approuvant la mise en place d’une mission internationale indépendante destinée à examiner « les graves attaques menées par les forces israéliennes contre le convoi humanitaire de bateaux » le 31 mai, qui ont fait neuf morts parmi les passagers turcs et soulevé une vague de protestations internationales.

En juillet, Israël avait défendu devant le Comité des droits de l’homme de l’ONU son droit à exercer des « représailles » contre tout navire qui tenterait de violer le blocus imposé à la Bande de Gaza. Mais les experts rejettent cet argument, estimant que le « blocus est contraire à la loi » et qu’à la date du 31 mai il « existait une crise humanitaire à Gaza ».

La mission du Conseil s’inscrit en parallèle à celle de la commission formée par le secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, également chargée d’enquêter sur l’opération meurtrière. Le Conseil des droits de l’Homme de l’ONU s’est toujours défendu de tout doublon entre les deux enquêtes. Celle du Conseil « va se concentrer sur les questions de droits de l’Homme », a assuré son président, l’ambassadeur de Thaïlande Sihasak Phuangketkeow.

d’après Le Monde

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

Top