Des dizaines de familles menacées d’expulsion à Jérusalem-Est

Un arrêt de la Cour suprême peut autoriser dimanche groupes de colons à s’installer dans des dizaines d’autres foyers dans le quartier de Sheikh Jarrah à Jérusalem-Est. Les juges Yoram Danziger, Esther Hayut et Miriam Naor ont rejeté à l’unanimité un appel interjeté par les Palestiniens qui affirment posséder un grand terrain dans la partie ouest du quartier. Le tribunal a statué que le Dépositaire général et les autres propriétaires, y compris des représentants des colons, avaient réussi à prouver qu’ils en détenaient la propriété.

La décision signifie que les propriétaires des terrains seront en mesure d’engager une procédure pour l’expulsion de dizaines de familles palestiniennes qui y vivent. En outre, les colons pourront aller de l’avant avec des plans pour construire dans la région.

une des familles palestiniennes menacées de perdre sa maison suite à la décision du 26 september.  (@Michal Fattal)
une des familles palestiniennes menacées de perdre sa maison suite à la décision du 26 september. (@Michal Fattal)

Aryeh King, l’un des leaders du mouvement de colonisation à Jérusalem-Est, a déclaré hier que dans deux ou trois jours, les familles palestiniennes dont les baux se terminent devraient être expulsés de leurs maisons. Le plan prévoit que des familles juives emménagent. King a également dit qu’il propose un projet de construction de dizaines de logements pour les Juifs dans le quartier.

Sheikh Jarrah est une pomme de discorde entre les groupes juifs – qui appellent le quartier Shimon Hatzadik d’après le rabbin ancien qu’ils croient être enterré là – et les Palestiniens vivant là-bas. Les tensions ont augmenté au cours de l’année dernière quand le tribunal a permis à des groupes juifs de récupérer les maisons qu’ils prétendaient avoir été forcés de quitter après 1948, ce qui leur a permis d’expulser des familles palestiniennes en faveur des juives.

À ce jour, la lutte a porté sur la partie orientale du quartier. Trois familles ont été expulsées jusqu’à présent de la région et 25 autres sont menacées d’expulsion.

Les colons prêts à revendiquer des parcelles

Un groupe de colons avait fait des préparatifs pour réclamer des parcelles dans la zone Ouest.

Après la Guerre des Six Jours, le dépositaire général a pris les maisons et les propriétés de la zone. Au fil des ans, le dépositaire général a rendu certaines des propriétés aux propriétaires juifs légitimes. D’autres propriétés ont été achetées par des groupes qui s’identifient avec les colons – soit directement au dépositaire général ou aux héritiers.

Parmi les personnes qui possèdent des biens dans le quartier, l’homme d’affaires américain Irwin Moskowitz est considéré comme un important mécène des activités de colonisation. Yithzak Memo, un autre militant de droite impliqués dans la colonisation de la partie ouest du quartier, a également acheté des biens dans la zone.
King affirme que les groupes de droite possèdent environ la moitié des maisons dans le quartier.

En 1997, les Palestiniens sont allés en justice, arguant que le terrain sur lequel les juifs se sont installés au XIXe siècle n’avait pas été vendu mais loué et que la propriété était restée palestinienne. En 2006, la Cour de district de Jérusalem a rejeté la plainte et ils ont fait appel à la Cour suprême.

Dimanche, le Cour suprême a rejeté leur appel et a statué que les Juifs sont les propriétaires des maisons. La décision, rédigée par Danziger, affirme que les Palestiniens ont échoué à prouver les termes du contrat de location entre les propriétaires d’origine et les Juifs qui habitaient dans le quartier. La preuve que les paiements de location ont été effectués a été rejetée par le tribunal comme constituant une preuve que les Juifs n’avaient pas acheté ce terrain.

La portée juridique de la décision est que le statut des Palestiniens vivant dans la partie orientale du quartier est désormais le même que celui de ceux qui vivent dans la partie occidentale – sous-location de biens appartenant à des juifs.

Des sources familiarisées avec la question disent que, dorénavant, il sera plus facile pour les groupes de colons d’expulser les Palestiniens de la zone.

Nir Hasson, 28 septembre 2010

Haaretz

traduction : Julien Masri

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