Conséquences socio-économiques

Nombreux sont les effets socio-économiques et politiques de l’exclusion des Palestiniens de Jérusalem :

mur-j-e1. Mobilité: les conséquences de la suppression de la liberté de mouvement des résidents palestiniens de Jérusalem ou de ceux qui vivent à proximité de ses frontières sont énormes. Des dizaines de milliers de Palestiniens traversent tous les jours les checkpoints de Jérusalem. Les inspections quotidiennes tout le long du trajet affectent principalement les personnes âgées, les écoliers et les femmes qui voyagent avec de jeunes enfants.
En novembre 2008, l’armée et la police israéliennes ont ordonné aux employés du secteur médical travaillant à Jérusalem-Est de quitter la Cisjordanie par le checkpoint de Qalandia, à Ramallah. Cet ordre a entraîné des retards et a eu un impact sur les conditions de travail dans les hôpitaux de Jérusalem-Est. Suite aux pressions exercées par diverses organisations, les restrictions ont été assouplies pour les médecins mais pas pour d’autres professions dans le domaine de la santé.

2. L’accès aux sites religieux: la barrière (note de la trad, à Jérusalem, il s’agit néanmoins la plupart du temps d’un mur) a aussi grandement réduit l’accès aux sites musulmans et chrétiens à Jérusalem. Pendant le Ramadan, l’Administration civile n’autorise plus qu’aux Palestiniens les plus âgés et aux femmes de plus de 40 à 50 ans à entrer librement à Jérusalem, et elle interdit l’accès aux hommes âgés de 14 à 49 ans et les oblige à demander des permis spéciaux. A Pâques, les habitants chrétiens de Cisjordanie et de Gaza sont tenus de soumettre des demandes de permis pour visiter leurs lieux saints à Jérusalem. En 2010, deux autobus venant de Ramallah de Bethléem pour participer à la procession du Dimanche des Rameaux ont été retenus à, plusieurs points de contrôle, et le Checkpoint 300 à Bethléem a été fermé le dimanche des Rameaux jusqu’au jeudi suivant, en réponse à un pèlerinage pacifique de chrétiens palestiniens de Bethléem à Jérusalem. La fermeture du point de contrôle a empêché les chrétiens palestiniens de participer aux cérémonies religieuses de Jérusalem, mais certains d’entre eux sont tout de même parvenus à passer via d’autres points de passage.

3. Santé: L’achèvement de la construction du mur à Jérusalem empêche des dizaines de milliers de Palestiniens vivant dans les quartiers et les villages autour de Jérusalem de recevoir les soins médicaux adéquats dans les hôpitaux palestiniens, dont la plupart sont situés à Jérusalem-Est. La barrière et le système de checkpoints exigent des ambulances du Croissant Rouge palestinien de Cisjordanie qu’elles coordonnent leurs déplacements vers les hôpitaux de Jérusalem-Est avec le bureau avancé de la santé de l’Administration civile, en dépit de la reconnaissance officielle du droit du Croissant-Rouge de pouvoir exercer à Jérusalem-Est. Cela provoque des retards importants ou empêche complètement l’entrée des ambulances, qui peuvent tous deux avoir des conséquences graves.

4. Education: La barrière entrave fortement l’accès à l’éducation puisque les élèves, quelque soient leur âge, doivent traverser quotidiennement les points de contrôle à l’intérieur et à l’extérieur de la ville. Selon les statistiques recueillis par le Bureau des Nations Unies pour la Coordination des Affaires Humanitaires (OCHA) en 2007, pas moins de 6000 étudiants et 650 enseignants vivant à l’est de la barrière ont eu des difficultés à accéder à leurs écoles respectives à Jérusalem-Est. Les écoles ont signalé une perte importante d’étudiants ainsi que du personnel après la construction du mur, les menaçant même de fermeture.

5. Détérioration économique: le mur de séparation a contribué à la détérioration économique de Jérusalem-Est et la hausse du seuil de pauvreté. Jadis, Jérusalem-Est prospérait en tant que centre économique de la Cisjordanie. Depuis l’adoption du système de barrière et de permis, Jérusalem-Est a été presque complètement déconnectée de la Cisjordanie. La construction du mur force les Palestiniens à changer leurs habitudes d’achat, car il empêche les habitants palestiniens de Cisjordanie d’acheter ou de vendre à Jérusalem, et pose des difficultés pour les Palestiniens de Jérusalem qui veulent faire des affaires en Cisjordanie.

6. Le retour des Palestiniens en ville: Du fait des obstacles imposés par Israël à la construction palestinienne à Jérusalem, de nombreux résidents palestiniens, environ 45.000, ont dû se déplacer vers les villes palestiniennes proches de Jérusalem, comme Abu Dis, al-Azariya ou al-Ram. Ces habitants ont alors construit des maisons en dehors de la ville, mais ils ont maintenu leur domicile et leurs avantages à Jérusalem afin de ne pas perdre leurs droits de résidents de la ville. Depuis l’érection du Mur, ces Palestiniens qui sont des résidents de Jérusalem, sont restés du côté est du mur et doivent passer par les points de contrôle et faire un immense détour pour entrer tous les jours dans la ville. L’Institut de Jérusalem et le Conseil de Sécurité Nationale estiment qu’un grand nombre des résidents palestiniens qui sont restés du côté est du mur préféreraient revenir en ville et prédisent une migration de 50.000-60.000 personnes.

Le retour en ville a provoqué une forte hausse des prix du logement. C’est aujourd’hui parfois aussi cher d’acheter ou de louer un appartement à Jérusalem-Est que du côté ouest de la ville. Cette situation augmente fortement la densité de population dans les quartiers restants à Jérusalem, en particulier autour de la vieille ville, dont les Palestiniens pensent que le statut ne va pas changer. Cette situation a entrainé des niveaux de pauvreté et de chômage élevés pour les Palestiniens, a  augmenté le fardeau reposant sur les infrastructures municipales déjà très fragiles, et a le potentiel de déstabiliser non seulement Jérusalem-Est, mais la ville toute entière.

Source : Ir-Amim (article en anglais ici)

Traduction: F.C.

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