Communiqué de presse – La Liste noire Anti-BDS

La Coordination Européenne des Comités et Associations pour la Palestine (ECCP) est l’une des vingt organisations qui luttent pour les droits des Palestiniens dans le monde entier et dont le gouvernement israelien vient d’interdire l’accès à la Palestine en raison de leur défense des droits humains des Palestiniens et de leur soutien au mouvement Boycott, Désinvestissement et Sanctions.

La Coordination Européenne des Comités et Associations pour la Palestine (ECCP), fondée en 1986, est un réseau de 42 comités, organisations, ONG, syndicats et mouvements de solidarité internationale de 19 pays européens, dédié à la lutte du peuple palestinien pour la liberté, la justice et l’égalité.

Boycott, Désinvestissement et Sanctions (BDS) est un mouvement mondial, pacifique, accroché à la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme, dirigé par la société civile palestinienne qui cherche à faire pression sur Israël afin qu’il respecte ses obligations quant au droit international humanitaire et des droits humains, comme requis par nombre de résolutions de l’ONU. N’ayant pas réussi à entraver le soutien croissant et l’impact important du mouvement BDS, Israël a lancé une campagne antidémocratique sans précédent pour faire taire l’activisme en faveur des droits des Palestiniens et rendre le BDS illégal. Les attaques lancées par Israël contre le mouvement BDS comprennent des pressions sur les gouvernements, les législateurs et les fonctionnaires gouvernementaux afin de lutter contre l’activité du BDS par la mise en œuvre de mesures répressives, qui menacent d’ailleurs les libertés civiles et politiques dans leur ensemble. La publication récente de la  « liste noire BDS par Israël » est le dernier exemple de cette politique. Il s’ensuit une série d’interférences dans plusieurs pays européens visant à empêcher l’organisation dans l‘espace public d’initiatives de solidarité avec la Palestine.

Le droit de mener des activités BDS sur le territoire européen a été réaffirmé par Mme Federica Mogherini, Haute Représentante de l’UE pour les Affaires étrangères:
http://www.eccpalestine.org/eu-high-representative-federica-mogherini-affirms-the-right-to-bds/

En 2012, Frank La Rue, un rapporteur spécial de l’ONU, a déclaré que « l’appel ou la participation à un boycott est une forme d’expression pacifique, légitime et internationalement acceptée » :
http://www.ohchr.org/Documents/HRBodies/HRCouncil/RegularSession/Session20/A-HRC-20-17-Add2_en.pdf

Les représentants des gouvernements irlandais et néerlandais ont rejoint le gouvernement suédois dans son affirmation du droit à l’appel au BDS :
https://bdsmovement.net/news/irish-and-dutch-governments-join-sweden-speaking-out-right-call-bds .

Les gouvernements des États néerlandais et espagnol ont publiquement défendu le droit de plaider et faire campagne pour les droits des Palestiniens en vertu du droit international via le BDS.

Un rapport publié plus tôt cette année par la Commission économique et sociale des Nations Unies pour l’Asie occidentale (ESCWA) prouve, sans aucun doute, qu’Israël a imposé un système d’apartheid à tout le peuple palestinien et appelle à des mesures BDS pour mettre fin au régime d’apartheid israélien. L’apartheid en Afrique du Sud a pris fin, en partie, grâce à l’impact cumulé de diverses mesures, y compris des boycotts et des sanctions écrasantes soutenues par l’ONU et ses États membres.

L’Union européenne et les gouvernements européens doivent condamner cette dernière mesure de répression de mouvements pacifiques, non-violents et prendre des mesures immédiates pour demander des comptes à l’Etat d’Israël pour ses violations continues des droits palestiniens, par des mesures telles que la suspension immédiate de ses relations économiques et militaires avec Israël. Il y dorénavant davantage de raisons pour que les Etats membres de l’UE cessent d’inviter des hauts fonctionnaires israéliens qui pourraient très bien devoir répondre à des accusations de crimes de guerre. Ils ne peuvent rester sans rien faire alors que certains de leurs ressortissants, qui luttent pacifiquement pour les droits fondamentaux et politiques du peuple palestinien, pourraient se voir interdits d’entrer en Israël et dans les territoires palestiniens occupés, sans parler du mépris du gouvernement israélien pour le droit au retour des réfugiés palestiniens.

Par son travail, l’ECCP tente de mettre fin à la complicité de l’UE avec les violations continues par Israël du droit international et des droits des Palestiniens. Nous coordonnons des actions politiques, des campagnes citoyennes et des débats au niveau européen, en soulignant comment l’UE, malgré de nombreuses condamnations verbales, continue à financer des entreprises israéliennes et des institutions directement impliquées dans le maintien du régime israélien d’apartheid, de colonialisme et d’occupation. Nous poursuivrons nos efforts pour demander des comptes à Israël sur ses abus systématiques quant aux droits humains palestiniens et pour mettre fin à la complicité européenne avec les violations du droit international par Israël.

 

ECCP

Version originale : http://www.eccpalestine.org/eccp-statement-concerning-israels-bds-blacklist/

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