Comment j’ai cessé d’être juif

 Comment j’ai cessé d’être juif, Shlomo SAND, Paris, Flammarion, coll. Champs actuels, 2013.

Dans ce livre court et de lecture aisée, Shlomo Sand s’interroge une fois de plus sur la judaïté. Il reprend l’idée qu’il n’existe pas de peuple juif comme d’ailleurs pas de terre revendiquée comme telle avant le 19e s. Il explique qu’en fait, il n’y a pas de culture proprement juive qui puisse rassembler tous les Juifs, ceux des pays arabes et ceux des pays occidentaux, ceux de France et ceux d’Amérique latine, etc. Il n’y a pas une langue, une cuisine, une musique juives, etc. Et l’histoire des Juifs n’est pas non plus une. Qu’est-ce qui fonde alors l’apparence d’unité ? Les pratiques religieuses, qu’elles soient dictées par la foi ou par la perpétuation de rites, comme la Bar Mitzvah. Dès lors, quand on est athée, où est la judaïté ? Dans les gènes ? Sûrement pas. En réalité, il y a un peuple israélien avec une culture israélienne. Shlomo Sand se sent donc israélien, pas juif. Or Israël ne reconnaît pas de nationalité israélienne et inscrit sur les cartes d’identité juif, musulman, druze, etc. Quiconque est reconnu juif peut prétendre à la citoyenneté israélienne tandis qu’un Palestinien né et éduqué en Israël, parlant hébreu, se la voit refuser. C’est cela que critique entre autre Shlomo Sand.

« Supportant mal que les lois israéliennes m’imposent l’appartenance à une ethnie fictive, supportant encore plus mal d’apparaître auprès du reste du monde comme membre d’un club d’élus, je souhaite démissionner et cesser de me considérer comme juif. »

Personnellement, cet opuscule m’a beaucoup fait réfléchir et je le conseille vivement à ceux qui veulent en faire autant.

 

 

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