BDS: Boycott des dattes de l’apartheid

L’été se profile à l’horizon ainsi que le jeûne du mois de Ramadan. C’est une période très attendue par les sociétés agro-alimentaires israéliennes et surtout par les colons de la Vallée du Jourdain qui vivent majoritairement de l’agriculture, sous la protection de l’armée d’occupation israélienne.

C’est pourquoi, une fois encore, nous rappelons l’importance du boycott des dattes.

Pourquoi ce boycott ?

A celles et ceux qui pensent qu’acheter des dattes de sociétés coloniales, c’est soutenir les Palestiniens et qui nous posent souvent la question, nous proposons un bref aperçu de la situation dans la Vallée du Jourdain.

Pour expliquer le lien entre les dattes que nous appelons à boycotter ici et la réalité du terrain en Cisjordanie occupée, nous vous invitons dans le Nord de la Vallée à l’est de Tubas, dans un petit village palestinien de quelques centaines d’habitants. Dans ce village, de nombreuses maisons ont été frappées à plusieurs reprises par des ordres militaires de démolition ; très peu sont épargnées et récemment, les bulldozers ont encore démoli la route, les piquets électriques… Des familles sont privées d’eau potable et doivent vivre sous des tentes entourées de colons et de soldats (www.jordanvalleysolidarity.org ).

Tout près du village d’Al Aqaba, c’est Maskiot, une colonie fondée par des pionniers fanatiques (Nahal) et où arrivent avec leurs caravanes, leurs maisons préfabriquées transportées par gros camions, les colons qui, avant 2005, habitaient encore illégalement dans la Bande de Gaza, dans le Gush Khatif. Là, les engins de génie civil s’activent à construire une nouvelle entreprise agricole et planter des arbres grâce notamment à l’argent des Christian Friends Of Israeli Communities (www.shalom-israel.info). Leur projet au sein de « l’Israël biblique » (sic) est clair: « Comme les dattes sont la culture principale de la vallée du Jourdain et que ca se vend bien, notamment via l’exportation, le choix logique est de planter un verger de palmiers-dattiers.. Des palmiers-dattiers qui pousseront sur les terres volées aux Palestiniens, avec de l’eau dont les Palestiniens sont dépossédés et privés…

L’exemple d’Al Aqaba n’est pas unique. Dans toute la vallée, on trouve des colonies agricoles en extension, de l’épuration ethnique et la même situation d’apartheid (http://corporateoccupation.wordpress.com ).

Voilà pourquoi nous soutenons l’appel au boycott des dattes des sociétés israéliennes.

To exist is to resist

Dans la Vallée du Jourdain, « to exist is to resist » (Exister c’est résister). La densité de population y est devenue très faible, sauf à Jéricho, mais ce n’est pas un désert naturel: s’il ne reste plus actuellement qu’environ 50.000 habitants, il y en avait 350.000 avant que l’épuration ethnique ne permette aux colonies d’y faire fleurir l’agriculture qui les enrichit et enrichit les sociétés israéliennes telles Agrexco et Hadiklaïm qui exportent les produits sur le marché mondial en toute liberté. La majeure partie des terres a été volée aux Palestiniens qui ne disposent plus que de 6% de celles-ci. Pratiquement, toute la vallée (30% de la Cisjordanie) est un couloir militaire (sauf Jéricho, coincé entre l’extension de Jérusalem, la route des colons n°90 (route) Gandhi et le pont Allenby), organisé sur le modèle routier qui était en place à Gaza quand les colons y habitaient encore: un système d’apartheid avec des routes modernes pour les patrouilles de l’armée, les colons et les camions Carmel-Agrexco…, des checkpoints, des blocs de pierre, des fouilles au corps pour les Palestiniens…

Voilà la réalité que traduisent ces labels ! Boycott donc de ces boîtes de dattes aux emballages colorés, dorés, Hadiklaim (le label est un palmier mais il n’est pas toujours visible), Carmel-Agrexco, Jordan Valley, Jordan River, King Salomon… et autres « dattes de Cisjordanie, Westbank »….

Refusons aussi les dattes exportées d’Afrique du Sud par des sociétés collaborant avec Hadiklaim.

Comment participer au boycott des dattes de l’apartheid ?

Participer au boycott, c’est faire connaître cette réalité cachée, appeler commerçants et clients à ne pas, à ne plus participer à ce commerce d’apartheid, à sa normalisation, checker les labels, refuser les dattes d’origine douteuse (ex: « Terre sainte, Holy Land »), réclamer des contrôles par des huissiers et porter plainte en cas de fraude, ce n’est pas seulement refuser de les consommer C’est aussi faire connaître et soutenir (y compris politiquement) les alternatives.

Alternatives

Israël exporte des « deglet nour » (petites dattes) mais surtout des « dattes majhoul » (grosses dattes).

Vous pouvez par exemple acheter de très bonnes grosses dattes exportées par PARC, partenaire palestinien d’OXFAM-Magasins du monde qui mérite d’être mieux connu et soutenu. L’an passé, plusieurs actions ont eu lieu sur les marchés afin de les faire goûter, à Nivelles, à Tubize… Mais les quantités exportées par les Palestiniens sont trop faibles vu les difficultés rencontrées pour faire face à la concurrence des puissantes sociétés et des colons*: difficultés de transport, de conservation des terres, d’acquisition de l’eau vendue par la société israélienne Mekorot…) font que le commerce est essentiellement inéquitable et reflète l’apartheid colonial.

(www.palestinianfairtrade.ps ).

De plus, d’autres pays exportent des dattes, dont la Tunisie qui exporte des « deglet nour »… Pourquoi ne pas acheter des dattes tunisiennes? Une manière de soutenir son économie « post- Ben Ali »…

* En France, à Sète, des huissiers ont contrôlé dix-huit containers de produits et les documents douaniers dans le cadre de la campagne ciblant Agrexco et ses soutiens. Espérons qu’en Belgique, pareille initiative verra bientôt le jour !!!

Dominique Waroquiez

Pour infos au sujet des actions existantes :

dominicwa@yahoo.fr

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