Awad, adolescent de 17 ans, blessé par un soldat israélien

Awad vit avec ses parents et ses sept frères et sœurs dans la ville de Jabalia, dans le nord de la bande de Gaza. La situation économique de la famille a commencé à se détériorer il y a plusieurs années lorsque les travailleurs palestiniens, dont le père d’Awad, ont perdu leur permis de travail en Israël. Dans le même temps Awad a perdu sa motivation pour aller à l’école, qu’il a abandonnée il y a deux ans.

« Depuis que j’ai quitté l’école, j’ai travaillé dans beaucoup de domaines. J’ai vendu des légumes au marché et j’ai travaillé dans la construction, quand il y avait des travaux de construction, mais il est maintenant rare de trouver du travail dans la construction parce que les matériaux ne sont pas autorisés à pénétrer dans la bande de Gaza. Awad rappelle que c’était début mars qu’il avait d’abord entendu parler d’un nouveau type de travail. « J’ai entendu des enfants du quartier parler du ramassage de gravier provenant des colonies israéliennes évacuées et de la zone industrielle d’Erez, au nord de Beit Hanoun. Le travail consistait essentiellement à ramasser des graviers éparpillés sur le sol et à les mettre dans des sacs, qui étaient ensuite vendus entre 30 et 40 NIS (de 6 à 8,5€) par sac.

Awad, 17 ans, blessé au genou par un soldat israélien
Awad, 17 ans, blessé au genou par un soldat israélien

Naser, le frère aîné d’Awad, a été le premier dans la famille à faire ce travail, bientôt suivi par Awad et son jeune frère, Ahmad. « Nous nous réveillions, tous les trois, tous les jours, aux alentours de 5h30 et nous partions pour ramasser le gravier. Nous n’étions pas les seuls à faire ce type de travail. Des centaines de jeunes âgés entre 13 et 22 ans travaillaient avec nous, malgré le danger auquel nous étions confrontés parce que nous étions près de la frontière israélienne. En mai, Awad rappelle que l’âne de la famille a été abattu par des soldats israéliens alors qu’ils ramassaient du gravier. « L’argent que nous avons gagné avec ce travail ne suffit pas pour acheter un nouvel âne, qui coûte environ 300 dinars jordaniens (344€), mais nous avions besoin d’en acheter un quand même. Nous avons continué à travailler malgré le danger, la fatigue et la chaleur. Nous avons dû continuer à travailler en dépit du fait que nous voyions les jeunes se faire tirer dessus et être blessés par des soldats israéliens à la clôture de la frontière.

Le lundi 7 juin 2010, Awad est allé ramasser du gravier, comme d’habitude, avec ses frères, dans la zone industrielle d’Erez. « Aux environs de 9h30, je me penchais pour ramasser du gravier quand j’ai entendu un coup de feu. La balle m’a touché au genou droit et je suis tombé dans de grandes douleurs », se souvient Awad. « Les jeunes autour de moi ont commencé à courir dans tous les sens et j’ai vu mes frères se précipiter vers moi. » Peu après l’arrivée de ses frères, Awad s’est évanoui, pour se réveiller à l’hôpital. «Depuis ce jour-là, dit Ahmad, je ressens un engourdissement dans ma jambe droite et je ne marche pas comme je le faisais. Je ne vais plus travailler, mais Ahmad et Naser y vont encore. Médecins Sans Frontières me rend visite tous les deux jours et me procure des séances de rééducation, mais je ne peux pas marcher longtemps comme je le faisais dans le passé. »

Dans les années antérieures à l’embargo, 10.400 camions entraient à Gaza chaque mois. En août 2010, après un assouplissement des restrictions suite à l’incident de la flottille, il n’y a que 4381 camions qui ont été autorisés à entrer, soit un manque de 6.019 camions, correspondant à 58 %.

6 septembre 2010

source : DCI-Palestine

traduction : Julien Masri

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