Abdullah, 16 ans, victime d’un tir à Gaza

Abdullah vit avec ses parents et ses six frères et sœurs dans la ville de Beit Lahiya, dans le nord de la bande de Gaza. Son grand-père vit aussi avec la famille, ce qui en fait un ménage de 10 adultes et enfants. « Nous vivons vraiment dans une situation financière difficile », dit Abdallah, dont le père répare des bicyclettes et perçoit un revenu mensuel d’environ 194 €, un montant qui « ne peut évidemment pas répondre aux besoins de ma grande famille», dit Abdullah.

Abdullah, 16 ans, victime d'un tir israélien
Abdullah, 16 ans, victime d'un tir israélien

Il y a quelque temps, Abdullah a abandonné l’école et a eu du mal à trouver du travail depuis, puisqu’à Gaza les opportunités d’emploi sont rares. En avril, la chance d’Abdullah semblait avoir tourné. « J’ai entendu dire que les enfants de nos voisins allaient aux colonies et dans la zone industrielle évacuée par les Israéliens pour recueillir du gravier à vendre aux gens faisant commerce des matériaux de construction », se souvient Abdullah. « Comme il y a un manque d’opportunités d’emploi pour moi et ma famille à Gaza, j’ai décidé d’aller faire la même chose. »

Ainsi, en avril, malgré les dangers, Abdullah et deux de ses jeunes frères, Rami (15 ans) et Khaled (très en) ont rejoint les autres enfants qui ramassaient du gravier près de la frontière ; chacun a été en mesure de gagner environ 30 shekels par jour (6 €). « Les soldats israéliens étaient toujours à la frontière », se souvient Abdullah.«Ils pouvaient nous voir clairement et parfois ils tiraient sur nous et sur les charrettes. Parfois, ils tiraient en l’air, juste pour nous intimider et nous avertir de ne pas nous approcher trop près de la clôture.

Mardi 22 juin 2010, Abdullah et ses frères se sont réveillés vers 5h00, et ils ont préparé les outils, les sacs et la charrette tirée par un âne, comme d’habitude. « Nous nous sommes dirigés à la colonie évacuée d’Eli Sinai, à environ deux kilomètres de l’endroit où nous vivons », se souvient Abdullah. « Nous avons commencé à travailler à environ 60 mètres de la clôture frontalière, à proximité d’une tour de guet israélienne. Ce jour-là, j’ai vu trois soldats israéliens dans la tour ». Abdullah se souvient qu’il y avait environ 80 enfants qui travaillaient à proximité, y compris certains de ses cousins, quand il a entendu le coup de feu.

« Il était environ 6h00 du matin. J’ai entendu un coup de feu de la tour de guet et je suis immédiatement tombé au sol, ressentant une grande douleur. Mes frères et cousins se sont précipités vers moi et m’ont mis sur la charrette et se sont pressés vers la route principale. Ma cheville saignait et j’ai senti qu’elle devenait insensible. « Les garçons ont appelé un motocycliste passant par là qui a trouvé une ambulance pour conduire Abdullah à l’hôpital Kamal Odwan où les médecins immédiatement effectué une opération sur sa jambe droite.

«Je sens encore une douleur dans ma jambe et je ne sais pas si je serai capable de marcher normalement ou non. Je ne sais pas si je vais pouvoir aider ma famille, mais je suis sûr que je ne ramasserai plus jamais de gravier provenant des colonies évacuées de nouveau. »

Selon une déclaration faite par la Banque mondiale en 2010 : « les estimations récentes sur le niveau de pauvreté indiquent que 80 % des ménages de Gaza vivaient en dessous du seuil de pauvreté en 2007, avec une aggravation de la situation depuis cette époque ».
8 septembre 2010

source : DCI-Palestine

traduction : Julien Masri

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