Abbas : le peuple palestinien a un droit national à la résistance

Le président palestinien Mahmoud Abbas a affirmé lundi que le peuple palestinien a un droit national à la résistance contre l’occupation israélienne, ajoutant que son gouvernement n’acquiescerait pas à toutes les demandes israéliennes avec lesquelles il n’était pas d’accord.
Abbas s’exprimait à l’issue d’une rencontre à Amman avec l’envoyé américain au Moyen-Orient, George Mitchell, qui à son tour, a exhorté les deux parties à faire preuve de retenue.

George Mitchell et Mahmoud Abbas à Amman. (Reuters)
George Mitchell et Mahmoud Abbas à Amman. (Reuters)

L’administration Obama cherche à fixer les conditions pour sortir de l’impasse les pourparlers israélo-palestiniens, a-t-il déclaré.
Le négociateur en chef palestinien Saeb Erekat, a déclaré qu’en attendant les Palestiniens voulaient donner une chance aux négociations indirectes avec Israël, en faisant intervenir les États-Unis.

Mitchell et Erekat ont parlé à Amman, la capitale jordanienne, pendant que Premier ministre Benjamin Netanyahu se rendait à Washington. Son voyage se déroulait alors que des responsables américains et israéliens tentent d’apaiser l’une de leurs plus grave crises jamais enregistré, qui a éclaté lorsqu’Israël a annoncé son intention de construire 1.600 nouveaux logements à Jérusalem-Est, la partie de la ville que les Palestiniens veulent comme capitale de leur futur Etat.

L’annonce, faite pendant une visite du Vice President Joe Biden, jeta le doute sur les pourparlers de paix parrainée par les États-Unis et a aidé à mettre fin aux protestations palestiniennes à Jérusalem et en Cisjordanie.

Lundi, Mitchell a dit aux journalistes que « les Etats-Unis continueront de parler à Israël et aux Palestiniens alors que nous cherchons à établir les conditions qui rendront possible prochainement l’ouverture rapide de pourparlers. »

Il n’a pas détaillé plus avant, mais il a ajouté: « Nous exhortons toutes les parties à faire preuve
de retenue … Ce qu’il faut maintenant c’est une période de calme, de tranquillité pendant laquelle nous pouvons aller de l’avant dans l’effort dans lequel nous sommes engagés. »

« Les Etats-Unis veulent entrer dans des pourparlers de proximité dans les plus brefs délais, d’une manière qui nous l’espérons, mènera à des négociations directes et, finalement, à un accord conduisant à une paix globale au Moyen-Orient », a dit Mitchell après des entretiens avec M. Abbas à Amman.

Washington, a-t-il déclaré, envisage un futur Etat palestinien qui soit économiquement indépendant, géographiquement d’un seul tenant.

L’Américain a ensuite rencontré le roi Abdallah II de Jordanie, un solide allié des Etats-Unis et le dirigeant d’un des deux seuls pays arabes à avoir signé un traité de paix avec Israël.

Un communiqué du palais cite le roi Abdallah déclarant à Mitchell qu’Israël doit cesser de prendre des  mesures unilatérales dans les territoires palestiniens occupés, en particulier des mouvements provocateurs consistant à changer l’identité de Jérusalem et les menaces envers les lieux saints.

Séparément, M. Erekat a condamné les activités de colonisation d’Israël à Jérusalem-Est et a ajouté : « Nous devons donner aux entretiens de proximité la chance qu’ils méritent, mais nous voulons nous assurer que les décisions du gouvernement israélien de construire 1600 unités de logements à Jérusalem-Est et plus ont été stoppées. »

Il a dit que les Palestiniens veulent également des garanties que de tels actes de la part des Israéliens seraient évités à l’avenir.

Ha’aretz, mercredi 24 mars 2010

traduction : Julien Masri

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