Antisémitisme, racisme et islamophobie
- Suite aux attentats terroristes et antisémites qui ont frappé deux synagogues d’Istanbul en novembre dernier ; à ceux qui ont frappé des lieux communautaires juifs à Casablanca en mai dernier, ainsi que, au mois de mai 2002, la synagogue Al Ghriba de Djerba (Tunisie);
- Suite aux attentats (incendies, vandalisme) contre des lieux de culte et des cimetières juifs survenus dans diverses villes d’Europe;
- Suite aux agressions, verbales ou physiques, malheureusement de plus en plus fréquentes, que subissent des juifs dans diverses villes européennes;
- Suite aux discours ou slogans antisémites entendus à diverses reprises au cours de manifestations de soutien au peuple palestinien, et cela au nom de ce même soutien au peuple palestinien,
l’Association belgo-palestinienne-Fondation Naïm Khader tient à rappeler que
- conformément à sa plate-forme, elle condamne résolument toute forme de racisme, que ce soit l’antisémitisme, la judéophobie, l’arabophobie ou l’islamophobie;
- elle considère en conséquence que tout acte, tout écrit ou tout discours judéophobe ou antisémite - c. à d. hostile et/ou injurieux envers les Juifs en tant que tels - est inadmissible et condamnable en vertu des lois antiracistes existant dans notre pays;
- elle considère au même titre que tout acte, tout écrit ou tout discours arabophobe ou islamophobe - c. à d. hostile ou injurieux envers les Arabes et les musulmans en tant que tels - est inadmissible et condamnable en vertu des lois antiracistes existant dans notre pays;
- elle considère de surcroît - au vu de ses objectifs - que tout acte, écrit ou discours visant des Juifs en tant que tels est non seulement inadmissible et condamnable en soi, mais constitue également «un crime contre le peuple palestinien» [1].
l’Association belgo-palestinienne-Fondation Naïm Khader tient à rappeler que
- pour elle, il est de la plus haute importance et impératif - dans l’analyse du conflit israélo-palestinien tout comme dans la recherche et la contribution à une solution à ce conflit - que ses militants, membres et sympathisants rejettent les amalgames et les confusions entre judaïsme, judéité, sionisme et citoyenneté israélienne;
- pour elle, il est extrêmement important et elle se félicite de ce que des organisations juives, dans le monde, en Israël, en Europe et en Belgique, s’élèvent contre, dénoncent et combattent, e. a. au sein des communautés juives dans le monde et en Israël, la politique de l’actuel gouvernement de l’Etat d’Israël, mais aussi celle menée par les gouvernements israéliens précédents et, avant 1948, par les organisations sionistes, à l’égard du peuple palestinien, en violation de ses droits les plus élémentaires;
- elle salue en conséquence ces organisations et leur offre sa collaboration sincère.
l’Association belgo-palestinienne-Fondation Naïm Khader tient à rappeler que
- elle considère que l’objectif et le programme historiques du mouvement sioniste politique étaient dès le départ - et quelles qu’en aient été les perceptions de ses militants et sympathisants - porteurs d’injustice à l’égard du peuple palestinien ;
- qu’en ce sens, elle juge malhonnêtes, trompeurs, inadmissibles et odieux l’amalgame, l’assimilation et l’identification, actuellement à nouveau très en vogue, auxquels d’aucuns procèdent, délibérément et systématiquement, entre antisionisme d’une part et judéophobie et antisémitisme de l’autre ; dans cette même perspective, elle juge extrêmement grave et nocif le procédé, de plus en plus courant, qui consiste à assimiler systématiquement et délibérément à de l’«antisémitisme» toute critique de la politique israélienne et de l’idéologie sioniste, considérant notamment que de tels procédés contribuent dangereusement à une banalisation de l’antisémitisme et de la judéophobie - et de ce fait, objectivement à leur renforcement.
l’Association belgo-palestinienne-Fondation Naïm Khader tient à rappeler que
- conformément au programme adopté par l’Organisation de Libération de la Palestine (OLP), puis par l’Autorité Nationale Palestinienne, elle considère que la solution dite de Deux peuples, deux Etats avec Jérusalem pour capitale des deux Etats est aujourd’hui la seule voie possible et réalisable pour apporter une solution politiquement viable et éthique au conflit israélo-palestinien;
- que par conséquent l’ABP défend cette option, sans pour autant rejeter a priori l’éventuelle solution d’un Etat binational si celle-ci était adoptée par les deux peuples concernés, israélien et palestinien;
- que l’ABP n’en continue pas moins d’exiger - en tant qu’élément incontournable d’une paix éthique et politiquement viable - que le droit au retour des réfugiés palestiniens - tel qu’il est proclamé par la résolution 194 du Conseil de sécurité des Nations Unies (pas de tiret)- et la responsabilité israélienne dans l’exode palestinien de 1947-1949 soient officiellement reconnus tant par la communauté internationaleque par l’Etat d’Israël lui-même;
- que la communauté internationale doit consacrer toute son attention à un règlement équitable du problème des réfugiés palestiniens - ceux de 1947-1949 comme ceux de 1967 - qui soit conforme aux dispositions adoptées par les Nations Unies ; et - conformément à la résolution du sommet arabe de Beyrouth (mars 2002), soutenue au demeurant par l’Autorité nationale palestinienne - «acceptable pour les deux parties»;
- qu’une reconnaissance universellement acceptée de la légitimité de l’Etat d’Israël reste fondamentalement, d’un point de vue politique, juridique et éthique, liée et conditionnée à celle d’un Etat arabe palestinien à part entière dans les frontières de la «Palestine historique» (mandataire) et avec Jérusalem (Est) pour capitale.
l’Association belgo-palestinienne-Fondation Naïm Khader tient aussi à rappeler que
- les positions critiques évoquées ci-dessus à l’égard du sionisme politique ne l’empêchent pas de reconnaître et d’apprécier l’importance du fait que des organisations et personnalités continuant à se réclamer du sionisme optent aujourd’hui en faveur de la solution des Deux peuples, deux Etats avec Jérusalem pour capitale des deux Etats, dans la mesure où leur option vise à contribuer sincèrement à l’établissement d’un Etat palestinien viable, jouissant de ses pleins droits souverains et placé sur pied d’égalité avec l’Etat d’Israël; et cela sur la totalité ou l’équivalent - en accord avec les autorités légitimes que s’est donné ou que se donnera le peuple palestinien - des territoires occupés par l’armée israélienne depuis 1967, à savoir la Cisjordanie, la bande de Gaza et Jérusalem-Est.
l’Association belgo-palestinienne-Fondation Naïm Khader tient, enfin, à rappeler qu’il s’agit de ne pas perdre de vue que
- dans notre pays comme ailleurs, nombre d’instances et d’organisations de la communauté juive qui se distinguent par un soutien trop souvent inconditionnel aux politiques menées par l’Etat d’Israël ne représentent en fait qu’une minorité des opinions présentes au sein de la communauté juive;
- la dénonciation - encore une fois, légitime et impérative - d’actes, d’écrits ou de propos antisémites ne doit pas occulter que l’actuelle augmentation dans nos pays de tels actes, écrits ou propos, n’est pas pour autant assimilable à un «renouveau de l’antisémitisme», expression immanquablement associée aux menaces et aux dangers de résurgence d’un passé tragique;
- cette dénonciation ne peut servir les objectifs ou masquer la réalité d’une double campagne médiatique, pensée, planifiée et coordonnée visant
- primo, «à occuper le terrain du débat, afin d’en expulser la réalité de l’occupation et de la répression dans les territoires palestiniens occupés» [2],
- secundo, à aider - en répandant et en grossissant l’idée d’un «retour généralisé de l’antisémitisme» - à la réalisation des objectifs démographiques que l’actuel gouvernement israélien ne cesse de prôner ;
- cette dénonciation, enfin, ne peut faire oublier, dans nos mêmes pays, une recrudescence parallèle, moins médiatisée mais tout aussi préoccupante et condamnable d’actes, d’écrits ou de propos islamophobes et arabophobes, dont la portée dans nos opinions publiques nous semble actuellement plus lourde de dangers et qui exigent donc, également et d’autant plus, tant notre vigilance que celle de nos pouvoirs publics.
[1] Pour citer les propos de Mme Leïla CHAHID, représentante de l’Autorité nationale palestinienne en France.
[2] Michel WARSCHAWSKI in Antisémitisme: l’intolérable chantage, La Découverte , 2003




