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Catégorisé | Livres

La fin de la modernité juive – Histoire d’un tournant conservateur

Enzo Traverso, Editions La Découverte, collection Cahiers libres, 2013.

« Après avoir été le principal foyer de la pensée critique du monde occidental – à l’époque où l’Europe en était le centre -, les juifs se trouvent aujourd’hui, par une sorte de renversement paradoxal, au cœur de ses dispositifs de domination. » Voilà, réduite à son plus simple appareil, la très intéressante thèse développée par Enzo Traverso, historien spécialiste des liens entre histoire, mémoire et politique. Selon lui, Trotski, « le juif révolutionnaire » et Kissinger, « le juif impérialiste »  incarnent tous deux des archétypes. Le premier, celui de la modernité juive, qui s’étend de 1750 à 1950, et le second, celui de sa fin. Si la culpabilité ressentie par l’Europe après la Shoah a permis l’éradication d’un discours antisémite dominant et la fin de la « question juive », la naissance d’Israël marque, quant à elle, la fin de la modernité juive et crée la « question palestinienne ». Enzo Traverso craint qu’avec l’énergie déployée dans la commémoration des victimes des crimes nazis, l’Europe en soit arrivée à un stade où d’autres victimes, palestiniennes, afghanes, iraquiennes, rwandaises etc., ne parviennent plus à susciter sa compassion qui semble avoir été depuis anesthésiée. De même, un discours islamophobe, qui a pris la place du discours antisémite, s’exprime de plus en plus ouvertement sans que les leçons du passé ne soient mobilisées pour le combattre.

R.K.

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